150 000 femmes traitées chaque année en France pour infertilité 


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Selon une étude récente, plus de 150 000 femmes âgées de 20 à 49 ans ont eu recours chaque année à un traitement contre l’infertilité entre 2008 et 2017. Alors qu’il augmente chez les femmes après 34 ans, ce recours stagne chez les plus jeunes. Un phénomène lié à une évolution bien particulière de la société, amorcée dans les années 1970.

Des traitements de plus en plus tardifs

En France, un couple sur quatre ne parvient pas obtenir une grossesse après 12 mois d’essai. En utilisant les données de l’Assurance maladie, des chercheurs de l’Ined et de l’Inserm ont pu établir la proportion de femmes traitées pour infertilité. Leur étude, inédite, nous apprend notamment que le recours à ces traitements « est de plus en plus tardif », précise l’Inserm dans un communiqué.

Au cours de la dernière décennie, il a précisément augmenté de 24 % chez les femmes à partir du milieu de la trentaine. Selon les chercheurs, ce constat reflète tout simplement le fait que la parentalité est de plus en plus tardive dans les pays développés.

Des projets de maternité qui arrivent au moment où l’infertilité augmente

Avec l’accès au travail et aux études, les femmes repoussent leur projet de maternité. La plupart des couples souhaitent désormais concevoir une fois bien établis économiquement. Résultat : le projet d’enfant arrive à un âge où « l’infertilité augmente fortement » chez les femmes, ajoute l’Inserm. Ce qui entraîne naturellement « la forte augmentation (…) du recours aux traitements de l’infertilité à ces âges plus élevés ».

Toujours pour les mêmes raisons, les femmes jeunes essaient moins souvent d’avoir des enfants. Mais ici, l’effet sur le recours aux traitements reste faible parce qu’à ces âges, l’infertilité est moins fréquente. « Cette augmentation des traitements (…) après 34 ans soulève d’importantes questions », note en outre l’Inserm. En effet, leur efficacité diminue fortement avec l’âge.

Selon l’institut, « le corps médical et les pouvoirs publics devraient prendre en compte cette tendance sociétale (…). En développant un système de surveillance du recours aux traitements de l’infertilité, les politiques publiques de santé pourraient mieux orienter les stratégies nationales pour prévenir et prendre en charge l’infertilité, qui apparaît de plus en plus comme un problème de santé majeur à l’âge adulte. »

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