Alzheimer : lien confirmé entre le microbiote et la survenue de la maladie

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Alzheimer et microbiote

Des travaux européens viennent de confirmer le lien entre des micro-organismes présents dans les intestins et la survenue de la maladie d’Alzheimer. Ces résultats pourraient « contribuer à développer de nouvelles stratégies préventives basées sur la modulation du microbiote des personnes à risque », expliquent les chercheurs.

Le déséquilibre du microbiote corrélé au développement des plaques amyloïdes dans le cerveau

Cela fait plusieurs années que la communauté scientifique soupçonne les bactéries intestinales de jouer un rôle dans le développement de la maladie d’Alzheimer. De précédentes études ont montré que le microbiote des patients était souvent altéré, avec une diversité microbienne réduite et un taux élevé de bactéries inflammatoires.

Dans ces nouveaux travaux, publiés le 10 novembre par le Journal of Alzheimer’s disease, des scientifiques suisses et italiens ont confirmé qu’une corrélation existait entre un déséquilibre du microbiote et le développement des plaques amyloïdes dans le cerveau humain. Ces lésions sont à l’origine du trouble neurodégénératif caractéristique de la maladie d’Alzheimer.

Un mécanisme inflammatoire du sang identifié comme vecteur

Les chercheurs ont également découvert que « des protéines produites par certaines bactéries intestinales identifiées dans le sang des malades pourraient modifier l’interaction entre le système immunitaire et le système nerveux et déclencher la maladie », précise un communiqué de l’université de Genève. Selon eux, le phénomène inflammatoire détecté dans le sang des patients agirait comme un « médiateur » entre le microbiote et le cerveau.

Si ces travaux ouvrent la voie à de nouveaux traitements, comme « l’administration d’un cocktail bactérien » spécifique ou de prébiotiques destinés à nourrir « les bonnes bactéries de notre intestin », « il ne faut pas se réjouir trop vite », précise le professeur Giovanni Frisoni, l’un des chercheurs associés à l’étude. Les scientifiques doivent d’abord identifier la composition précise de ce cocktail de bactéries.

En outre, « cet effet neuroprotecteur ne pourrait être efficace qu’à un stade très précoce de la maladie, dans une optique de prévention plutôt que de thérapie ». Or, les diagnostics tombent encore souvent bien trop tardivement.

 

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