Orpea : la rentabilité à tout prix

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Orpea : la rentabilité à tout prix
Orpea, établissements pour personnes âgées est un groupe côté en bourse dont les bénéfices n'ont cessé de croître au fil des ans. © Adobe stock

Le groupe Orpea (Ehpads) est dans la tourmente suite aux révélations de Victor Castanet dans son livre Les Fossoyeurs. Il y dénonce la rentabilité à tout prix au détriment de la qualité des soins des résidents de plusieurs établissements du groupe. On fait le point sur cette affaire.

Les couches des résidents limitées à 3 par jour

Rationnement de la nourriture, résidents laissés sans soins d’hygiène, non-remplacement des personnels soignants. Le livre-enquête du journaliste Victor Castanet a fait l’effet d’une bombe dans la stratégie huilée de rentabilité et de bénéfices du groupe Orpea. «Nous étions rationnés : c’était trois couches par jour maximum. Et pas une de plus. Peu importe que le résident soit malade, qu’il ait une gastro, qu’il y ait une épidémie. Personne ne voulait rien savoir», témoigne une ancienne soignante dans le livre Les Fossoyeurs.

Enquête des autorités françaises

Le journaliste a enquêté trois ans sur le système Orpea. A la sortie de l’ouvrage, le 26 janvier, le titre du groupe a perdu près de 50 % de sa valeur en Bourse en quelques jours. Les autorités françaises ont annoncé l’ouverture d’une enquête. «Les révélations faites dans ce livre sont absolument révoltantes (…). Si ces faits sont avérés, ils devront évidemment être sanctionnés avec la plus grande sévérité», a déclaré Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, mercredi 26 janvier.

Orpea profite de l’argent public

Le groupe Orpea, côté en bourse, se porte bien avec un chiffre d’affaires à 3,42 milliards d’euros en 2018. Des bénéfices acquis sur le dos des résidents et des salariés en sous-effectif. Mais pas seulement. Le groupe a profité de l’argent public. En effet, tous les Ehpads, qu’ils soient publics ou privés, sont financés par l’État via les Agences régionales de santé pour les soins et par les conseils départementaux pour l’aide à l’autonomie.

7 Commentaires

  1. Finalement de quelle tranche d’âge de la population déclarons-nous prendre soins ? : les enfants ???, les anciens ??? les jeunes ??? Dans quelle classe se situent donc les égoïstes abrutis et coupables ?

    • Ce n’est pas une question de tranche d’âge, mais de mentalité à tout âge pour être fossoyeur.
      Accepter d’avoir des établissements de santé (hôpitaux, cliniques, EHPAD,….) gérées comme des entreprises industrielles cotées en bourse, avec des actionnaires qui commandites des PDG mercenaires pour dégager des profits et dividendes de toutes les façons possible et sans scrupule, c’est accepter ce qui se passe chez ORPEA et bien d’autres.

  2. Et dire que cela dure depuis longtemps. S’il n’existait pas encore quelques journalistes intègres qui connaissent encore le mot  » intègre « , son livre  » Les fosseyeurs  » ne serait jamais sorti. 3 ans d’enquête, ce n’est pas rien. Et comme par hasard, les gens se réveillent, et se regroupent en association. Les maltraitances ne datent pas d’aujourd’hui… mais coté en bourse, on ne va pas ennuyer les actionnaires. Privés ou non, les EHPAD devraient être systématiquement avoir droit à des visites surprisesn sinon à quoi bon…. On avertit la personne âgée qu’elle a tout intérrêt à dire que tout est OK, sinon gare aux représailles ensuite…. C’est un véritable scandale, le directeur général limogé et remplacé, cela n’a pas trainé. Je ne vais pas prendre sa défense, mais il n’est pas le seul responsable. Tous ces fils et filles de bonne famille qui se plaignent maintenant… Et on veut que toutes les personnes deviennent centenaires  » quoi qu’il en coûte « …. Non merci, sans moi. (Cali).

  3. Une honte !! et quand on pense que ces établissements sont financés par l’état ? que l’état finance les EHPAD public je veux bien mais donner de l’argent à des EHPAD privés pour que les actionnaires s’en mettent plein les poches c’est inadmissible !!
    Je pense que quand on fait payer entre 6000 voir 12000 euros par mois les chambres on n’a pas besoin d’aide public , avec ces tarifs et l’argent de l’état on rationne encore ces pauvres personnes âgées !! ou passe donc l’argent ???

  4. Une fois de plus, l’argent appelle l’argent. A t il fallut la sortie d’un bouquin pour dévoiler l’arnaque, je me pose la question. Vu que l’Etat verse des subsides, ou sont les contrôles sur l’emploi de l’argent, vite fait de dire c’est la faute du Directeur Général, et les autres, comptables, gérant, responsable logistiques, infirmières, aides soignantes, autrement dit tout ceux qui ont laissé faire pendant des années, ne rien dire rend aussi coupable que le autres.
    Et maintenant, l’Etat va crier au scandale, il va dire « je ne savais pas », les Ministres et autres dirigeants vont accusés les sous fifres. Mais en attendent, les petits vieux eux souffrent, ils pleurent, ne comprennent pas pourquoi on les traitent de la sorte.
    Le pire sont les familles « qui n’ont rien vu ». Comment et pourquoi????????
    Mon dieu, j’ai peur de vieillir.

  5. C’est l’éternel problème de la frontière public/privé. Chaque secteur devrait être l’un ou l’autre mais pas les 2. En l’occurrence, ce secteur ne devrait pas être ouvert au secteur privé car :
    – il vit sur des financements publics
    – sa clientèle est doublement captive car les places en EHPAD sont rares et ses clients sont dépendants physiquement, moralement et pour certains cognitivement.
    On a choisi d’avoir des EHPAD publics, il fallait donc s’attendre à ce qu’ils se goinfrent sur ce marché de rêve (pour eux). Le principal actionnaire d’Orpéa est Jean-Claude Marian devenu milliardaire. A 82 ans, il n’est pas dans un EHPAD d’Orpea mais dans un superbe hôtel particulier de Bruxelles où il a choisi de défiscaliser ses revenus.
    La règle bien connue de l’ultralibéralisme (privatisation des bénéfices, socialisation des coûts) fonctionne à plein et il fallait s’y attendre.

  6. Avant ce scandale, j’ai été choquée de recevoir des publicités d’investissement en EHPAD, complètement indécentes dans leur formulation, avec des promesses de rentabilité choquantes ne donnant pas envie de placer de l’argent, même pas présentées comme placement solidaire comme le propose ma mutuelle (la MAIF). L’argent à tout prix ? NON.

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