Parcours de soin : quel est le rôle du pharmacien correspondant ?

2
3885
Parcours de soin : quel est le rôle du pharmacien correspondant ?
Les pharmaciens sont valorisés en tant que soignant dans le parcours de soin des patients. © Adobe Stock

Comme le médecin traitant, chacun peut choisir un pharmacien correspondant. Celui-ci peut, par exemple, renouveler l’ordonnance d’un traitement chronique ou modifier sa posologie. Un moyen de renforcer son rôle dans le parcours de soin. On vous en dit plus.

Coup de neuf d’un dispositif vieux de 11 ans

La notion de pharmacien correspondant existe depuis 2009. Mais le dispositif était trop lourd à mettre en place. Dimanche 30 mai, un décret simplifie ce dispositif. Les patients peuvent désormais «désigner auprès de l’assurance maladie, comme pharmacien correspondant, un pharmacien titulaire d’officine, ou gérant d’une pharmacie mutualiste ou de secours minière».

Quels nouveaux pouvoirs pour le pharmacien ?

Celui-ci sera autorisé à :

  • renouveler périodiquement des traitements chroniques
  • ajuster, si besoin, leur posologie si l’ordonnance mentionne cette possibilité.

Quelles limites ?

Le pharmacien et le médecin travaillent ensemble dans le parcours de soins coordonnés. Le premier devra se signaler en tant que pharmacien correspondant et informer le médecin en cas de changement de posologie.
Le médecin reste le professionnel qui prescrit. Il peut indiquer dans son ordonnance s’il accorde au pharmacien ce droit à l’ajustement de la posologie.  
La durée totale de la prescription, renouvellements du pharmacien inclus, ne pourra excéder un an.

Un pharmacien soignant

Ce dispositif est un pas de plus pour que le pharmacien devienne «de moins en moins commerçant et de plus en plus soignant», se félicite Renaud Nadjahi, vice-président du syndicat USPO dans les colonnes du Figaro. «Nous ne sommes considérés comme des professionnels de santé que depuis la loi de 2009», rappelle-t-il.

Les médecins attendent de voir…

La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) se montre prudente face à ce nouveau dispositif. Elle fait remarquer que le pharmacien «a déjà la possibilité de renouveler pour un mois une prescription pour une pathologie chronique», indique le Dr Jean-Paul Ortiz, médecin néphrologue et président de la CSMF au Figaro. Il soulève une question a priori non abordée par le décret nouvellement publié. « Qui va prendre la responsabilité d’une complication liée au médicament prescrit par le médecin, et renouvelé de façon excessive par le pharmacien (…) sans l’accord du médecin?»

En savoir plus :

2 Commentaires

  1. Je ne crois pas qu’un pharmacien correspondant soit « utile ». Les pharmaciens ne m’ont jamais signalé que 2 médecins me prescrivaient chacun un médicament pour 2 affections différentes et que ces médicaments pouvaient avoir des interactions néfastes. C’est moi qui l’ai découvert en lisant la longue notice de la boîte de l’un du nouveau médicament que le 2ème médecin m’avait prescrit; ce médecin qui connaissait mon autre pathologie ne connaissait pas d’ailleurs ce risque d’incompatibilité.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici