COVID-19 : La maltraitance infantile

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Parmi les nombreux problèmes que soulève la crise sanitaire, la maltraitance infantile est au cœur des préoccupations. Depuis le début du confinement, on constate une hausse d’environ 30% des cas potentiels de maltraitance infantile, proportion probablement sous-estimée. Le stress s’accumule et les comportements agressifs se multiplient. Incapables de se défendre seuls, les enfants deviennent alors le « souffre-douleur » de leurs parents. 

De nombreux psychologues et psychiatres se sont intéressés aux effets du confinement sur notre comportement : les troubles de l’humeur et l’irritabilité en font partie. En effet, l’inédite situation que vivent les Français depuis deux mois, favorise malheureusement les comportements agressifs et dangereux. Les parents n’ont plus l’habitude de vivre la journée avec leurs enfants, de les faire travailler. Parfois même un simple regard ou bien une remarque peuvent suffirent pour plonger un individu dans une colère extrême. Cela explique pourquoi certaines situations ont dégénéré davantage durant cette période.

Les enfants quant à eux, face à toute cette violence, sont souvent démunis, ils ne savent pas vers qui se tourner et se réfugient dans la peur. « Ce n’est pas à un enfant maltraité ou à une femme victime de violences conjugales de solliciter de l’aide : ils ne le PEUVENT pas. C’est à la société de les protéger, de les repérer, de les prendre en charge », explique Hélène Romano, docteur en psychopathologie. Le silence de ces enfants doit être levé, sans compter que les conséquences psychologiques et physiques provoquées par ces maltraitances peuvent mener à la mort. La disparition de Daoudja, 6 ans, décédé sous les coups de son père le 29 mars 2020 a été l’élément révélateur de l’urgence de la situation.

C’est dans ce terrible contexte que de nombreuses associations se mobilisent pour lutter contre ce fléau : le collectif « Nous Toutes » avec le soutien de l’Unicef, a lancé l’hashtag #EntendonsLeursCris. De plus, Adrien Taquet, secrétaire d’État chargé de la protection de l’enfance, a mis en place courant avril, une campagne de prévention pour la maltraitance infantile, faisant la promotion du 119, numéro d’écoute des enfants en danger. Son objectif : sensibiliser la population afin de permettre une plus large protection des enfants. 

Ainsi, les numéros d’appels et les interventions de la gendarmerie ont presque doublé en l’espace de deux semaines, et les services sociaux sont de plus en plus sollicités pour venir en aide à ces enfants. La maltraitance infantile est une réalité effrayante et la société doit y faire face : la protection de nombreux innocents est entre nos mains.

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