Covid-19 : un tiers des patients présente des anomalies cérébrales

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Patient covid lésions cérébrales

Une analyse d’études publiée le 18 octobre dans la revue Seizure : European Journal of Epilepsy montre qu’un tiers des patients Covid présente des anomalies dans le lobe frontal du cerveau lié au langage et à la motricité. Si les scientifiques ne peuvent pas encore expliquer pourquoi cette zone est atteinte, ils craignent des dommages qui pourraient être irréversibles. De nouvelles études devront être menées pour confirmer ces résultats.

84 rapports d’électroencéphalogrammes étudiés

Anosmie, perte du goût, maux de tête récurrents, problème d’élocution, confusion…  Les séquelles constatées chez certains patients atteints de la Covid-19 ne concernent pas toujours le système pulmonaire. Parfois même, des crises d’épilepsie ou des AVC ont été rapportés.

Pour mieux comprendre les effets neurologiques du virus, des chercheurs du Bayor College of Medecine, aux Etats-Unis, ont analysé 84 études d’électroencéphalogrammes menés chez des patients Covid. Résultats : dans un tiers des cas, les scientifiques ont identifié des anomalies dans une zone du lobe frontal lié au langage et à la motricité.

« Nous avons trouvé plus de 600 patients affectés de cette manière, affirme Zulfi Haneef, professeur adjoint de neurologie au Baylor College of Medicine, cité par CNews. Auparavant, quand nous avions vu cela dans des petits échantillons, nous ne savions pas si c’était une coïncidence, mais maintenant nous pouvons dire avec confiance qu’il y a un lien. »

Complications plus fréquentes chez les hommes

Les chercheurs ont aussi constaté que ces complications étaient plus fréquentes chez les hommes et que l’âge moyen des personnes touchées était de 61 ans. Les scientifiques ne savent pas encore expliquer ce qui entraîne précisément ces séquelles cérébrales ni même si elles sont directement causées par le virus.

Parmi les hypothèses envisagées : des effets indirects de la Covid-19 comme le manque d’oxygène ou les problèmes cardiaques qu’elle induit. « Ces découvertes nous montrent qu’il est nécessaire de faire des électro-encéphalogrammes sur un échantillon plus large de patients, et d’autres types d’imagerie cérébrale, comme les IRM ou les scanners, pour avoir un meilleur aperçu du lobe frontal », précise le docteur Haneef. 

Conséquences à long terme ?

Ce n’est pas tout. Les chercheurs craignent en outre que ces lésions cérébrales soient irréversibles. « Beaucoup de personnes pensent qu’elles vont tomber malade, aller mieux et que tout reviendra à la normale, conclut Zulfi Haneef. Mais ces découvertes nous disent qu’il pourrait y avoir des implications à long terme, ce que nous soupçonnons et maintenant nous trouvons plus de preuves pour appuyer cela. »

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