Covid-19 : une surmortalité deux fois plus élevée chez les personnes nées à l’étranger

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Selon l'Insee, pendant les deux premières vagues, la surmortalité a été plus élevée chez les personnes nées en Afrique et en Asie. ©Adobe-Stock.

Entre mars et avril 2020, les décès des personnes nées à l’étranger ont augmenté de 49 % par rapport à la même période en 2019, contre 23 % chez celles nées en France. Découvrez les hypothèses qui pourraient expliquer ces chiffres avancés par l’Insee.

Très forte hausse des décès chez les personnes nées en Afrique ou en Asie

Pendant la période, la surmortalité a été « la plus forte pour les personnes nées en Afrique ou en Asie », constate l’Insee. Cette hausse s’élève à + 55 % chez les personnes originaires du Maghreb et à + 117 % chez celles nées dans un autre pays d’Afrique.

Chez les personnes nées en Asie, la surmortalité atteint + 92 %. La hausse de la mortalité chez les personnes nées en Europe, dans un pays d’Amérique ou en Océanie est « proche de celle observée pour les personnes nées en France ».

Un écart de surmortalité moins marqué lors de la deuxième vague

Ces écarts selon les pays d’origine sont moins marqués lors de la deuxième vague. En septembre-décembre 2020, les décès de personnes originaires du Maghreb a augmenté de 36 % par rapport à la même période en 2019.

Cette hausse atteint respectivement + 29 %, + 33 % et + 16 % chez les personnes nées dans un autre pays d’Afrique, en Asie et en France. L’Insee précise que son étude « ne permet pas d’analyser la différence de surmortalité entre les populations ». Elle souligne toutefois que l’écart est plus marqué pendant le premier confinement, particulièrement strict.

Des populations plus exposées au virus

Les chiffres de l’Insee rejoignent les enquêtes publiées ces derniers mois par certaines associations. Celles-ci ont montré que les migrants les plus précaires et les populations fragilisées, le plus souvent d’origine étrangère, avaient connu une surexposition au virus.

Plusieurs éléments expliquent ce phénomène : des conditions de vie moins favorables, la difficulté d’appliquer les gestes barrières lorsque l’on cohabite dans les logements exigus, l’éloignement du système de soin ou encore l’impossibilité de télétravailler.

L’Insee souligne aussi le fait que « la hausse des décès a été particulièrement forte en Ile-de-France ». Or, les populations nées en Afrique ou en Asie « résident beaucoup plus souvent que la moyenne » dans cette région. L’Ile-de-France rassemble ainsi 32 % des personnes nées au Maghreb, 49 % des personnes nées dans le reste de l’Afrique. Et seulement 16 % de celles nées en France.  

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