Présent dans l’organisme de la quasi-totalité des humains, ce virus discret semblait inoffensif pour la majorité d’entre nous. Pourtant, une nouvelle étude internationale jette une lumière inquiétante sur son rôle dans l’apparition de plusieurs cancers, dont certains jamais associés jusqu’ici à ce pathogène.
Un virus mondialement répandu… et sous-estimé
Le virus d’Epstein-Barr (EBV), membre de la famille des herpès, infecte environ 95 % de la population mondiale. En 1997 déjà, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) l’avait classé comme agent cancérogène certain, notamment pour son lien avéré avec certains types de lymphomes et le carcinome du nasopharynx.
Mais les récentes découvertes scientifiques suggèrent que l’étendue de son impact est bien plus large qu’on ne l’imaginait.
Une étude de grande ampleur révèle un risque majeur
Jusqu’à 5 fois plus de risques de cancer
Une vaste étude menée en Chine par une équipe du CIRC a analysé les données de 75 000 personnes. Les résultats, publiés dans la revue Nature, sont alarmants : les individus porteurs de l’EBV présentent un risque multiplié par 5 de développer un cancer comparé aux personnes non infectées.
Des associations nouvelles avec des cancers fréquents
Confirmation des liens connus
Sans surprise, l’étude a confirmé l’association entre EBV et :
-
les lymphomes (+220 % de risque),
-
le carcinome nasopharyngé (+2 600 % de risque).
Mais les chercheurs ont aussi identifié de nouvelles connexions, jusqu’alors peu documentées.
Découvertes inattendues
Parmi les révélations les plus troublantes :
-
+76 % de risque de cancer du poumon chez les porteurs de l’EBV,
-
+70 % de risque de cancer du foie,
-
d’autres types de tumeurs pourraient également être concernés, nécessitant des études complémentaires.
Une menace plus marquée en Asie ?
L’étude estime que 8 % des cas de cancer dans le sud de la Chine pourraient être directement imputés au virus d’Epstein-Barr. Cette proportion élevée alerte les autorités sanitaires locales, mais appelle aussi à des investigations internationales.
Les chercheurs rappellent que l’impact du virus pourrait varier selon les régions, en raison de facteurs génétiques, environnementaux et comportementaux.
🔬 Ce qu’il faut retenir
-
L’EBV est omniprésent mais souvent ignoré.
-
Il est formellement lié à plusieurs cancers, dont certains très graves.
-
De nouvelles associations avec des cancers fréquents viennent d’être identifiées.
-
Des études complémentaires sont nécessaires, mais le risque sanitaire mondial pourrait être bien plus important qu’estimé.


