La maladie de Parkinson touche aujourd’hui plus de 270 000 personnes en France. Si le traitement de référence, la Lévodopa, fait ses preuves contre les symptômes moteurs, il entraîne chez de nombreux patients des mouvements involontaires particulièrement invalidants. Une nouvelle piste thérapeutique pourrait changer la donne.
Une maladie aux symptômes moteurs handicapants
Les personnes atteintes de Parkinson souffrent principalement de tremblements, de rigidité musculaire et de lenteur dans leurs mouvements. Ces manifestations impactent lourdement leur quotidien et nécessitent une prise en charge médicamenteuse adaptée.
La Lévodopa constitue actuellement le traitement de première intention. Son efficacité n’est plus à démontrer, mais elle présente un inconvénient majeur : l’apparition de dyskinésies.
Des mouvements involontaires qui affectent un tiers des malades
Ces dyskinésies se manifestent par des mouvements involontaires qui peuvent devenir très handicapants. Après quelques années de traitement par Lévodopa, jusqu’à un patient sur trois en développe.
Face à cette problématique, les alternatives thérapeutiques comportent elles aussi leur lot de complications, notamment des troubles comportementaux de type impulsif. Un véritable défi pour les neurologues et leurs patients.
L’essai PREMANDYSK explore une nouvelle approche
Des chercheurs français ont mené un essai clinique baptisé PREMANDYSK pour tester une stratégie innovante. L’objectif : déterminer si l’association précoce d’amantadine à la Lévodopa pourrait prévenir l’apparition des dyskinésies.
L’étude a porté sur 207 participants traités par Lévodopa depuis moins d’un an. Deux groupes ont été comparés : l’un recevant uniquement la Lévodopa avec un placebo, l’autre bénéficiant de l’ajout d’amantadine.
Des résultats encourageants après 18 mois
Les résultats s’avèrent particulièrement prometteurs. Les patients ayant reçu l’amantadine ont développé « deux fois moins de dyskinésies » que le groupe témoin : seulement 11% contre 22% dans le groupe placebo.
Au-delà de cette réduction significative, les chercheurs ont observé d’autres bénéfices. Les augmentations de doses de Lévodopa ont été moins fréquentes, tandis que des améliorations sur la fatigue et la qualité de vie ont également été notées.
Des limites qui appellent à la prudence
Malgré ces résultats encourageants, les scientifiques restent prudents. La durée de l’essai, limitée à 18 mois, constitue la principale réserve émise par l’équipe de recherche.
Comme l’expliquent les chercheurs : « Cela fait des années que nous travaillons…ce qui est court par rapport à l’histoire naturelle de cette maladie. » Des confirmations sur le long terme s’avèrent nécessaires avant d’intégrer systématiquement l’amantadine dans la pratique courante.
Vers une médecine personnalisée
L’équipe scientifique ne s’arrête pas là. Elle met actuellement en place la cohorte PRECISE-PD, un projet ambitieux visant à identifier les facteurs prédictifs des effets secondaires chez chaque patient.
Cette démarche s’inscrit dans une approche de médecine personnalisée. L’objectif est de pouvoir adapter les décisions thérapeutiques aux caractéristiques spécifiques de chaque personne atteinte de Parkinson.
Un espoir concret pour les patients
Ces travaux menés au sein du réseau NS-PARK représentent une avancée majeure dans la prise en charge de la maladie de Parkinson. Si les résultats devaient être confirmés à long terme, cette stratégie thérapeutique pourrait améliorer considérablement la vie de milliers de patients.
L’association précoce d’amantadine à la Lévodopa ouvre ainsi une voie prometteuse pour limiter les complications motrices, tout en préservant la qualité de vie des personnes touchées par cette pathologie neurodégénérative.


