Médicament populaire présent dans toutes les pharmacies, l’aspirine intrigue les scientifiques depuis des décennies par ses effets bénéfiques contre le cancer. Une équipe britannique vient de percer le mystère de son action anticancéreuse, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques contre les métastases.
Un mécanisme longtemps inexpliqué désormais élucidé
Les propriétés anticancéreuses de l’aspirine sont connues depuis plus de cinquante ans. Pourtant, la science n’avait jamais réussi à expliquer formellement comment ce médicament banal agissait concrètement contre les tumeurs.
Les chercheurs attribuaient principalement ces vertus à ses propriétés anti-inflammatoires, sans pouvoir identifier le mécanisme exact. Cette zone d’ombre vient enfin d’être dissipée grâce aux travaux d’une équipe britannique.
Des expérimentations révélatrices sur les souris
Pour comprendre l’action de l’aspirine, les scientifiques ont mené des tests sur des souris atteintes de différents types de cancers : sein, côlon et peau. Les rongeurs ont reçu de petites doses du médicament pendant la durée de l’étude.
Les résultats ont dépassé les attentes. Les chercheurs ont constaté une réduction significative des métastases chez les souris traitées. Parallèlement, ils ont mesuré une diminution notable du thromboxane A2 dans leur sang.
Le thromboxane A2, complice des cellules cancéreuses
Cette substance joue un rôle crucial dans la protection des cellules cancéreuses. Le thromboxane A2 aide habituellement les tumeurs à échapper à la surveillance du système immunitaire, leur permettant de se développer et de se propager.
En réduisant la présence de cette molécule, l’aspirine permet aux lymphocytes T d’accomplir leur mission destructrice. Ces cellules immunitaires peuvent alors éliminer plus facilement les cellules cancéreuses, empêchant leur multiplication anarchique.
Un espoir majeur contre les métastases
Cette découverte revêt une importance capitale. Les métastases sont responsables de 90% des décès liés au cancer, ce qui fait de leur prévention un enjeu sanitaire majeur.
L’aspirine pourrait ainsi réduire considérablement la mortalité par cancer en stoppant la propagation des cellules malignes vers d’autres organes. Cette capacité à bloquer les métastases représente une avancée prometteuse dans la lutte contre la maladie.
Prochaine étape : la validation chez l’humain
Les chercheurs s’apprêtent maintenant à franchir une étape décisive. Ils devront expérimenter cette approche chez l’humain pour confirmer que le mécanisme observé chez la souris fonctionne de manière identique.
Il leur faudra également déterminer quels types de cancers peuvent être ciblés par ce traitement. Tous les cancers ne réagissent pas nécessairement de la même façon à l’aspirine.
Cette recherche pourrait transformer l’utilisation de l’aspirine dans les protocoles de traitement anticancéreux. Un médicament centenaire bon marché pourrait devenir un allié précieux des thérapies modernes contre le cancer.


