Le sucre fait régulièrement l’objet de critiques dans le monde de la santé. Pourtant, sa suppression totale de notre alimentation pourrait avoir des conséquences insoupçonnées sur notre organisme. Une récente étude scientifique bouleverse les idées reçues et invite à reconsidérer notre rapport à cet ingrédient décrié.
Les dangers bien connus du sucre en excès
Les régimes alimentaires riches en sucres ajoutés sont associés à de nombreux problèmes de santé. Ils augmentent notamment le risque de développer un diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires ou certains cancers.
Face à ces risques, l’Organisation mondiale de la santé recommande de limiter les sucres ajoutés à moins de 10% de l’apport énergétique quotidien. Cette préconisation vise à prévenir les pathologies liées à une consommation excessive.
Une expérience surprenante sur des souris
Des chercheurs du Dasman Diabetes Institute au Koweït ont mené une étude pendant 16 semaines sur des rongeurs. Leur protocole divisait les animaux en deux groupes distincts.
Le premier groupe recevait une alimentation faible en calories contenant du sucre sous forme de saccharose. Le second bénéficiait d’un régime également faible en calories, mais totalement dépourvu de saccharose.
Des résultats qui remettent en question les idées reçues
Contrairement aux attentes, aucune différence significative de masse corporelle n’a été observée entre les deux groupes. Mais c’est au niveau de la flore intestinale que les découvertes se révèlent surprenantes.
Les souris privées de sucre présentaient une dysbiose, c’est-à-dire un déséquilibre important de leur microbiote intestinal. Ce phénomène s’accompagnait de multiples complications pour leur santé.
Des complications métaboliques inquiétantes
L’absence totale de sucre a engendré des problèmes métaboliques chez les animaux concernés. Leur régulation de la glycémie s’avérait moins efficace que celle de leurs congénères consommant du saccharose.
Les chercheurs ont également constaté une résistance à l’insuline plus élevée dans le groupe sans sucre. Une inflammation intestinale importante et des problèmes hépatiques complétaient ce tableau clinique préoccupant.
L’équilibre plutôt que la suppression totale
Les scientifiques tirent des conclusions nuancées de leurs travaux. Selon eux, une alimentation équilibrée comprenant du sucre en quantité raisonnable serait préférable pour la santé globale.
Une consommation suffisante de sucre et de glucides apparaît importante pour maintenir l’équilibre du microbiote intestinal. La suppression totale pourrait donc s’avérer contre-productive pour le bon fonctionnement de l’organisme.
Cette étude, publiée par l’Endocrine Society, invite à repenser notre approche nutritionnelle. Elle rappelle que la modération reste la clé d’une alimentation saine, plutôt que l’élimination radicale de certains nutriments.


