La démence, qui touche actuellement plus de 57 millions de personnes à travers le monde, n’est pas une fatalité. Les recherches scientifiques récentes bouleversent les idées reçues : une part considérable des risques pourrait être réduite grâce à des changements dans nos habitudes quotidiennes. L’Organisation mondiale de la Santé identifie désormais de nombreux leviers d’action concrets.
Une maladie qui progresse rapidement à l’échelle mondiale
Chaque année, 10 millions de nouveaux cas de démence sont diagnostiqués dans le monde. La maladie d’Alzheimer constitue la forme la plus répandue, représentant entre 60 et 70 % de l’ensemble des cas. Face à cette progression alarmante, les autorités sanitaires internationales insistent sur l’importance de la prévention.
Contrairement aux croyances populaires, le déclin cognitif n’est pas uniquement lié à l’âge ou à la génétique. Les experts estiment désormais que près de la moitié des risques dépendent de facteurs sur lesquels nous pouvons agir.
Quatorze facteurs identifiés comme modifiables
L’OMS a établi une liste précise de quatorze éléments influençant directement les risques de développer une démence. Parmi eux figurent les lésions cérébrales traumatiques, l’hypertension artérielle, la dépression et le diabète.
Le tabagisme, l’obésité et un taux de cholestérol élevé font également partie des facteurs à surveiller. L’inactivité physique, la perte de vue ou d’audition, ainsi que l’isolement social complètent cette liste. Enfin, l’exposition à la pollution constitue un risque environnemental majeur.
Les recommandations pour protéger son cerveau
Adopter un mode de vie actif et équilibré
L’Organisation mondiale de la Santé préconise une approche globale combinant plusieurs mesures. La pratique régulière d’une activité physique figure en première ligne des recommandations. Stimuler son cerveau par des activités intellectuelles variées s’avère tout aussi essentiel.
Maintenir une vie sociale active constitue un rempart efficace contre le déclin cognitif. L’arrêt du tabac et la limitation de la consommation d’alcool font également partie des priorités.
Surveiller sa santé cardiovasculaire
Le lien entre la santé du cœur et celle du cerveau est désormais clairement établi. La santé cérébrale dépend directement de l’oxygène et des nutriments acheminés par le sang. Les artéroscléroses et les micro-AVC peuvent accélérer considérablement le déclin cognitif.
Il est donc crucial de contrôler son hypertension, son diabète et son cholestérol. Une alimentation saine contribue à maintenir cet équilibre cardiovasculaire indispensable au bon fonctionnement du cerveau.
Prendre en charge les troubles sensoriels
La perte d’audition ou de vision ne doit pas être négligée. L’utilisation d’appareils auditifs en cas de déficience auditive fait partie des recommandations officielles. Ces dispositifs permettent de maintenir le lien social et la stimulation cognitive nécessaires.
Réduire l’exposition aux risques environnementaux
Au-delà des comportements individuels, l’environnement joue un rôle déterminant. Réduire son exposition à la pollution de l’air constitue une mesure préventive importante, même si elle ne dépend pas entièrement des choix personnels.
Les autorités sanitaires encouragent également la mise en place d’interventions personnalisées, adaptées au profil de risque de chaque individu.
Les compléments alimentaires inefficaces pour la prévention
Contrairement à certaines idées reçues largement diffusées, l’OMS déconseille la prise de vitamines B, E, d’oméga-3 ou de compléments multivitaminés dans le but de prévenir la démence. Ces suppléments ne sont recommandés qu’en cas de carence diagnostiquée médicalement.
La prévention repose avant tout sur une approche globale combinant des comportements favorables à la santé, la prise en charge des troubles associés à un risque accru et la réduction de l’exposition aux facteurs de risque environnementaux.


