Une avancée majeure dans la compréhension des maladies métaboliques vient d’être actée. La communauté médicale internationale a franchi un cap décisif en identifiant une forme de diabète jusqu’alors mal diagnostiquée, touchant des millions de personnes vulnérables à travers le monde. Cette reconnaissance bouleverse les classifications établies et ouvre la voie à des traitements mieux adaptés.
Une reconnaissance officielle historique
Le 8 avril 2025 restera une date charnière. La Fédération internationale du diabète (FID) a officialisé l’existence du diabète de type 5, une pathologie distincte des formes classiques connues jusqu’à présent.
Selon le Pr Peter Schwarz, président de la FID : « La reconnaissance du diabète de type 5 marque un changement historique dans notre approche du diabète à l’échelle mondiale… »
Cette nouvelle catégorie se distingue radicalement des diabètes de type 1, d’origine auto-immune, et de type 2, associé au mode de vie et à l’alimentation excessive.
Une origine dans la privation alimentaire
Les mécanismes en cause
Le diabète de type 5 trouve son origine dans la sous-nutrition chronique subie durant les premières années de vie. Cette carence alimentaire prolongée provoque un déficit en insuline qui se manifeste à l’âge adulte.
Les personnes concernées présentent généralement un indice de masse corporelle inférieur à 19 kg/m², à l’opposé du profil observé dans le diabète de type 2.
Les facteurs déclencheurs identifiés
Plusieurs conditions favorisent l’apparition de cette forme de diabète : la malnutrition maternelle pendant la grossesse, les carences nutritionnelles précoces et les infections répétées durant l’enfance.
Les populations de réfugiés et migrants installés dans les pays occidentaux figurent également parmi les groupes à risque, même après avoir quitté les zones de privation.
Des millions de malades mal diagnostiqués
Entre 20 et 25 millions de personnes dans le monde seraient atteintes de cette pathologie, principalement dans les pays à faible revenu.
Le drame réside dans les diagnostics erronés : nombreux sont ceux qui reçoivent à tort un diagnostic de diabète de type 1 ou 2, conduisant à des traitements inadaptés et inefficaces.
Cette confusion thérapeutique aggrave la situation sanitaire de populations déjà fragilisées par leur histoire nutritionnelle.
Vers des protocoles de diagnostic standardisés
Les critères actuels
À ce jour, l’identification du diabète de type 5 repose sur plusieurs indicateurs : une production d’insuline faible, l’absence d’auto-anticorps caractéristiques du type 1, et des antécédents documentés de sous-nutrition.
L’absence de test spécifique complique toutefois le diagnostic. Les critères officiels sont encore en phase d’élaboration par les instances internationales.
Les pistes thérapeutiques
Les approches recommandées combinent un soutien nutritionnel renforcé, l’administration de médicaments stimulant la sécrétion d’insuline, et le recours à l’insulinothérapie lorsque cela s’avère nécessaire.
Un plan d’action international lancé
Lors du Congrès mondial du diabète 2025, un groupe de travail spécialisé a été constitué. Sa mission : élaborer des critères diagnostiques formels et des directives thérapeutiques standardisées.
Un registre mondial des patients sera créé pour soutenir la recherche et améliorer la formation des professionnels de santé. Les premiers résultats de ces travaux sont attendus pour 2027.
Cette mobilisation internationale vise à combler le retard pris dans la prise en charge d’une population longtemps invisible aux yeux des systèmes de santé.


