On parle souvent des vitamines C ou D, beaucoup moins de la vitamine K. Pourtant, cette dernière joue plusieurs rôles essentiels dans l’organisme. Connue pour son implication dans la coagulation du sang, elle intervient aussi dans la solidité des os et pourrait participer à la limitation des dépôts de calcium dans les artères.
Une étude publiée en 2026 suggère notamment qu’une forme de vitamine K, la vitamine K2, pourrait ralentir la progression de la calcification des artères coronaires. Un résultat intéressant, mais qui ne permet pas encore d’affirmer qu’elle réduit le risque d’infarctus ou d’AVC.
Vitamine K1 et K2 : quelle différence ?
La vitamine K est une vitamine liposoluble, ce qui signifie que son absorption est facilitée par la présence de matières grasses dans l’alimentation.
Elle existe principalement sous deux formes.
La vitamine K1, aussi appelée phylloquinone, est surtout apportée par les végétaux. On la retrouve en grande quantité dans les légumes verts à feuilles comme les épinards, le chou kale, les blettes ou certaines salades. Le brocoli, le persil ainsi que les huiles de colza et de soja en contiennent également.
La vitamine K2, ou ménaquinone, est présente dans certains aliments d’origine animale et dans les produits fermentés. On peut notamment en trouver dans certains fromages affinés, les abats ou encore le natto, une préparation japonaise à base de soja fermenté.
Chez l’adulte, l’Anses considère qu’un apport d’environ 79 microgrammes de vitamine K1 par jour est satisfaisant. Une alimentation variée comportant régulièrement des légumes verts permet généralement d’atteindre facilement ce niveau.
Pourquoi la vitamine K est-elle indispensable ?
Son premier rôle concerne la coagulation sanguine. Le foie utilise la vitamine K pour activer plusieurs protéines indispensables à la formation normale des caillots.
Une carence importante peut donc favoriser l’apparition de saignements inhabituels : bleus sans raison apparente, saignements du nez ou des gencives, voire dans certains cas des hémorragies digestives.
Ces déficits restent toutefois rares chez les adultes en bonne santé. Ils concernent davantage les personnes souffrant de maladies perturbant l’absorption des graisses ainsi que certaines situations médicales particulières.
Les nouveau-nés reçoivent d’ailleurs de la vitamine K à la naissance afin de prévenir les risques hémorragiques.
Un rôle important pour les os
La vitamine K participe également au métabolisme osseux.
Elle active notamment l’ostéocalcine, une protéine impliquée dans la fixation du calcium au niveau des os. Plusieurs études observationnelles ont associé de faibles apports en vitamine K à une densité osseuse moins élevée.
En revanche, les bénéfices des compléments alimentaires de vitamine K pour éviter les fractures ne sont pas clairement démontrés. Les recommandations privilégient donc en priorité les apports alimentaires.
Peut-elle vraiment protéger les artères ?
C’est surtout son action sur les vaisseaux sanguins qui attire aujourd’hui l’attention des chercheurs.
La vitamine K intervient dans l’activation d’une protéine appelée protéine Gla matricielle. Celle-ci joue un rôle dans la limitation des dépôts de calcium dans les parois des vaisseaux.
Or, la présence de calcium dans les artères coronaires constitue l’un des marqueurs utilisés pour évaluer le risque cardiovasculaire.
Une étude néerlandaise publiée en juin 2026 dans JAMA Cardiology s’est intéressée précisément à cette question.
Les chercheurs ont suivi 180 personnes souffrant d’une maladie coronarienne légère à modérée pendant deux ans. Une partie des participants a reçu chaque jour une dose élevée de vitamine K2 sous forme de ménaquinone-7, tandis que l’autre groupe recevait un placebo.
Au terme de l’étude, la calcification des artères coronaires avait progressé moins rapidement chez les personnes ayant reçu de la vitamine K2.
Le score médian de calcification est passé de 135 à 184 dans le groupe supplémenté, contre une évolution de 145 à 214 dans le groupe placebo.
Des résultats prometteurs mais encore insuffisants
Les chercheurs appellent néanmoins à la prudence.
L’effet observé reste considéré comme modeste et l’étude n’a pas démontré que la prise de vitamine K2 permettait d’éviter un infarctus, un AVC ou un autre accident cardiovasculaire.
Des études portant sur un nombre beaucoup plus important de patients seront nécessaires pour déterminer si le ralentissement de la calcification se traduit réellement par une meilleure protection du cœur.
Il ne faut donc pas considérer la vitamine K2 comme un traitement cardiovasculaire à ce stade.
Comment augmenter naturellement ses apports ?
Dans la grande majorité des cas, il n’est pas nécessaire de prendre des compléments.
Pour augmenter ses apports en vitamine K1, il suffit notamment d’intégrer régulièrement à son alimentation :
- des épinards ;
- du chou kale ;
- des blettes ;
- du brocoli ;
- des salades vertes ;
- du persil ;
- de l’huile de colza ou de soja.
La présence d’une petite quantité de matière grasse dans le repas peut faciliter l’absorption de cette vitamine.
Pour la vitamine K2, certaines sources alimentaires comprennent les fromages affinés, les abats et les aliments fermentés comme le natto.
Attention si vous prenez des anticoagulants
Une précaution importante concerne les personnes traitées par des médicaments antivitamine K, comme la warfarine.
Ces traitements agissent précisément en perturbant l’action de la vitamine K afin de réduire la coagulation sanguine.
Contrairement à une idée reçue, les patients concernés ne doivent pas nécessairement supprimer tous les aliments riches en vitamine K. L’objectif est surtout de maintenir des apports relativement constants d’une semaine à l’autre.
Une augmentation ou une diminution brutale de la consommation d’aliments riches en vitamine K peut en effet perturber l’équilibre du traitement.
Le suivi de l’INR permet alors de vérifier que la coagulation reste correctement contrôlée.
Enfin, toute prise de complément contenant de la vitamine K, en particulier de vitamine K2 à forte dose, doit être discutée avec un médecin ou un pharmacien, notamment en cas de traitement anticoagulant ou de maladie affectant l’absorption des graisses.
Pour la plupart des adultes en bonne santé, une alimentation variée et riche en légumes verts reste donc le moyen le plus simple de bénéficier des apports nécessaires en vitamine K.


