Le cerveau ne représente qu’une petite partie du poids du corps, mais il utilise une quantité importante d’énergie pour fonctionner. Il pourrait mobiliser jusqu’à un quart de l’énergie apportée par l’alimentation. Ce que nous mettons dans notre assiette pourrait donc participer, avec le sommeil et l’activité physique, au maintien de nos capacités cognitives.
Mais contrairement aux nombreuses promesses circulant autour de certains « superaliments », aucun aliment pris isolément ne permet de garantir une meilleure mémoire. Les recherches s’intéressent plutôt à l’alimentation dans son ensemble.
Une alimentation trop riche en sucres et en graisses pourrait fragiliser la mémoire
Une alimentation déséquilibrée, particulièrement lorsqu’elle est riche en sucres et en graisses saturées, est associée dans plusieurs travaux à de moins bonnes performances cognitives.
La mémoire dite épisodique pourrait être particulièrement concernée. C’est elle qui permet de se souvenir d’une conversation, d’un événement ou d’un moment personnel.
Cette mémoire dépend notamment de l’hippocampe, une région cérébrale essentielle dans la formation et la conservation des souvenirs.
Le meilleur allié ne serait pas un aliment, mais un type d’alimentation
Plutôt que de chercher un aliment miracle, les données disponibles orientent davantage vers le régime méditerranéen.
Ce modèle alimentaire repose principalement sur :
- les fruits et légumes ;
- les céréales complètes ;
- les légumineuses ;
- les poissons ;
- les noix et les graines ;
- l’huile d’olive.
Les œufs, les produits laitiers et la volaille peuvent également y trouver leur place avec modération, tandis que la viande rouge est consommée moins fréquemment.
Pourquoi ce régime intéresse-t-il autant les chercheurs ?
Le régime méditerranéen est déjà reconnu pour ses bénéfices cardiovasculaires.
Or, protéger les vaisseaux sanguins contribue également à protéger le cerveau. Une bonne santé cardiovasculaire peut notamment aider à limiter certaines atteintes vasculaires susceptibles d’avoir un impact sur les capacités cognitives au fil des années.
Certaines recherches évoquent également un possible lien entre ce type d’alimentation et un risque réduit de déclin cognitif ou de maladie d’Alzheimer.
Il faut néanmoins rester prudent : aucun régime alimentaire ne garantit à lui seul d’éviter une maladie neurodégénérative.
Le chocolat noir est-il vraiment bon pour la mémoire ?
Le chocolat noir fait régulièrement partie des aliments présentés comme bénéfiques pour le cerveau.
Le cacao contient effectivement des flavanols, des substances étudiées pour leurs effets potentiels sur les fonctions cognitives.
Mais manger quotidiennement un carré de chocolat ne suffit pas à améliorer automatiquement sa mémoire.
Lorsque du chocolat est consommé, privilégier une teneur élevée en cacao, par exemple au moins 70 %, permet surtout d’apporter davantage de cacao tout en limitant généralement la part de sucre.
Fruits rouges et curcuma : attention aux promesses
Myrtilles, framboises, fraises ou curcuma sont souvent mis en avant en raison de leur richesse en composés antioxydants.
Cela ne signifie pourtant pas qu’ils constituent des aliments « anti-oubli ».
Selon les éléments relayés par l’Observatoire B2V des Mémoires, il n’existe pas actuellement de preuve suffisante permettant d’affirmer que le curcuma ou les fruits rouges améliorent directement l’encodage des souvenirs.
Ils restent néanmoins parfaitement compatibles avec une alimentation variée et équilibrée.
Protéger sa mémoire commence bien avant les premiers oublis
Autre point important : prendre soin de son cerveau ne concerne pas uniquement les seniors.
L’adolescence constitue notamment une période importante puisque le cerveau continue alors de se développer et que l’hippocampe reste en maturation.
Les habitudes prises tôt dans la vie peuvent donc participer à la santé cérébrale sur le long terme.
Pas d’aliment miracle pour le cerveau
La meilleure stratégie ne consiste donc probablement pas à multiplier les aliments présentés comme miraculeux.
Une alimentation variée, riche en végétaux et en aliments peu transformés, associée à une activité physique régulière et à un sommeil suffisant, constitue une approche beaucoup plus cohérente avec les connaissances scientifiques actuelles.
Pour prendre soin de sa mémoire, c’est finalement la régularité des bonnes habitudes qui semble compter davantage que le contenu d’un seul repas.


