Une affaire environnementale majeure frappe le secteur de l’eau en bouteille. Le groupe suisse Nestlé Waters est accusé d’une grave contamination aux microplastiques dans ses sources emblématiques des Vosges, alimentant notamment Contrex et Hépar. Alors que la justice s’empare du dossier, l’entreprise continue de nier toute pollution.
Des analyses alarmantes
Selon une enquête de Mediapart, les prélèvements effectués sur les bouteilles révèlent des taux préoccupants : 515 particules par litre pour Contrex et 2 096 particules par litre pour Hépar. Des chiffres qui interrogent sur la qualité réelle de ces eaux présentées comme « pures et naturelles ».
Des décharges sauvages au cœur de l’enquête
Les investigations judiciaires ont mis au jour quatre sites illégaux de stockage de déchets plastiques dans les Vosges : Contrexéville, They-sous-Montfort, Saint-Ouen-Les-Parey et Crainvilliers. Ces décharges représenteraient un volume total estimé à 473 700 m³ de déchets, directement reliés à la contamination des nappes phréatiques utilisées pour l’embouteillage.
Selon le magistrat en charge, « les proportions sont incommensurables s’agissant de l’introduction de microplastiques dans les sols vosgiens par Nestlé aux lieux des décharges, sur les terres et les eaux situées en aval ». Il alerte également sur « leurs effets nuisibles sur la santé humaine ».
Un risque pour l’environnement et la santé
Les poursuites reprochent à Nestlé Waters d’avoir laissé s’écouler des concentrations de microplastiques telles qu’elles pourraient anéantir la vie aquatique dans certaines zones, avec des effets documentés sur la flore, la faune et la santé humaine.
Nestlé Waters réfute toute pollution
Dans un communiqué, la société affirme qu’« aucune pollution n’est avérée aux termes des analyses environnementales partagées avec les autorités. Toutes nos eaux peuvent être bues en toute sécurité ». Une position qui tranche avec les conclusions des enquêteurs.
Un procès décisif en novembre
L’audience est prévue du 24 au 28 novembre. Au-delà de l’avenir de Nestlé Waters, ce procès pourrait marquer un tournant juridique dans la responsabilisation des industriels face à la pollution par microplastiques, enjeu sanitaire et environnemental majeur du XXIe siècle.


