Une nouvelle étude scientifique remet en question les bénéfices supposés d’un complément alimentaire populaire. Consommée par des millions de personnes pour ses prétendus bienfaits sur la santé cardiovasculaire, l’huile de poisson pourrait en réalité présenter des risques insoupçonnés pour certains consommateurs, selon des chercheurs britanniques.
Une étude d’envergure qui alerte sur les risques cachés
L’étude britannique publiée récemment dans la revue BMJ Medicine a suivi plus de 415 000 personnes sur une période de 12 ans. Les résultats sont pour le moins inquiétants et bousculent les croyances populaires sur ce supplément nutritionnel.
Chez les personnes sans problèmes de santé préexistants, la consommation régulière d’huile de poisson augmenterait de 13 % le risque de fibrillation auriculaire, un trouble du rythme cardiaque potentiellement dangereux. Plus alarmant encore, le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) serait accru de 5 % chez ces mêmes individus en bonne santé.
Des bénéfices confirmés uniquement pour certains profils
Paradoxalement, l’étude n’est pas entièrement négative. Elle révèle que les compléments d’huile de poisson peuvent avoir des effets bénéfiques chez les personnes qui présentent déjà des problèmes cardiovasculaires.
Pour ce groupe spécifique, les chercheurs ont constaté une réduction de 15 % du risque de crise cardiaque et une baisse de 9 % du risque de décès. Ces données suggèrent que les bénéfices et les risques varient considérablement selon le profil médical des consommateurs.
L’avis tranché des experts médicaux
Le Dr Andrew Freeman, cardiologue, ne mâche pas ses mots concernant ces compléments alimentaires : « l’huile de poisson en vente libre est très rarement recommandée et ne figure dans aucune des directives des sociétés médicales professionnelles ».
Cette déclaration sans équivoque invite à la prudence et rappelle l’importance de consulter un médecin avant de prendre ce type de supplément, malgré leur disponibilité sans ordonnance.
Comment obtenir des oméga-3 sans risque ?
Face à ces nouvelles données, les spécialistes recommandent de privilégier les sources naturelles d’oméga-3 plutôt que les compléments alimentaires. Le saumon sauvage, les sardines, les graines de chia et de lin, ainsi que les noix sont d’excellentes alternatives naturelles pour bénéficier de ces acides gras essentiels.
La recherche de nutriments bénéfiques devrait idéalement passer par une alimentation variée et équilibrée, plutôt que par des suppléments dont l’efficacité et la sécurité peuvent être questionnées.
Une approche globale de la santé cardiovasculaire
Au-delà de la question des compléments alimentaires, cette étude rappelle l’importance d’une approche holistique de la santé cardiovasculaire. L’adoption d’un mode de vie sain comprenant une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et un suivi médical adapté reste la meilleure stratégie de prévention.
Avant d’intégrer tout supplément à son régime alimentaire, il est essentiel de consulter un professionnel de santé qui pourra évaluer les bénéfices potentiels par rapport aux risques en fonction de chaque situation individuelle.


