Un médicament largement prescrit en France pourrait être associé à un risque bien plus grave qu’on ne le pense. Une récente étude dévoilée lors d’un grand congrès médical européen met en lumière une augmentation inquiétante du nombre de morts soudaines chez les utilisateurs de certains antidépresseurs. Un signal d’alerte à ne pas ignorer.
🧠 Un usage courant, mais potentiellement risqué
Face aux troubles psychiques, de plus en plus de Français ont recours aux antidépresseurs. Pourtant, de nouvelles données scientifiques interpellent : ce type de traitement pourrait être lié à une hausse significative du risque de décès cardiaque soudain, parfois sans symptôme préalable.
🔬 Des résultats préoccupants présentés à l’échelle européenne
Des chercheurs danois ont analysé l’ensemble des décès survenus au sein de la population adulte de leur pays en l’espace d’un an. En comparant les antécédents médicamenteux, ils ont observé un taux plus élevé de morts subites chez les patients ayant été exposés à certains antidépresseurs, en particulier sur le long terme.
Les chiffres sont éloquents :
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Le risque grimpe de 56 % après moins de 5 ans d’utilisation
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Il est multiplié par 2,2 au-delà de 6 années de traitement
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Chez les trentenaires, il est multiplié par 5
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Chez les personnes de 50 ans, il quadruple
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Aucun effet notable n’a été détecté chez les moins de 30 ans
❗ Une explication encore incertaine
Le lien entre antidépresseurs et arrêt cardiaque n’est pas nécessairement direct. Selon le Dr Jasmin Mujkanovic, auteur principal de l’étude :
« Le risque accru de mort subite d’origine cardiaque peut être attribué aux effets néfastes potentiels des antidépresseurs. Toutefois, la durée d’exposition aux antidépresseurs pourrait également servir de marqueur pour une maladie sous-jacente plus grave. »
D’autres éléments peuvent entrer en ligne de compte : hygiène de vie dégradée, détection tardive des pathologies cardiovasculaires, ou accès insuffisant aux soins chez les personnes dépressives.
« Cette association pourrait être influencée par des facteurs liés au comportement ou au mode de vie associés à la dépression, tels que la recherche tardive de soins de santé et une mauvaise santé cardiovasculaire », ajoute-t-il.
🇫🇷 Une hausse préoccupante chez les jeunes Français
En France, l’usage des antidépresseurs ne cesse de progresser, particulièrement chez les adolescents et jeunes adultes. L’Assurance maladie alerte sur une augmentation de 60 % du nombre de 12-25 ans sous antidépresseurs entre 2019 et 2023, un chiffre directement lié à l’effondrement de la santé mentale depuis la pandémie.
✅ Faut-il arrêter son traitement ?
Non. Ces médicaments sont indispensables dans de nombreuses situations, notamment en cas de dépression sévère. Mais ils ne doivent jamais être prescrits à la légère. Les professionnels rappellent que la psychothérapie est toujours le traitement de référence en première intention.
L’automédication ou l’interruption brutale d’un traitement peut être dangereuse. Seul un professionnel de santé peut évaluer les bénéfices et les risques pour chaque patient.