La France reste l’un des pays européens les plus consommateurs de médicaments sédatifs. Somnifères, anxiolytiques, benzodiazépines… leur usage excessif inquiète les autorités sanitaires. Pour y remédier, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) lance une nouvelle stratégie axée sur la prévention et la limitation à la source.
Une consommation qui dépasse les seuils recommandés
Le recours aux sédatifs, notamment aux benzodiazépines, reste massif en France, malgré les campagnes d’information sur les risques de dépendance. En cause : un usage souvent prolongé, au-delà des durées préconisées. Ce constat alarmant pousse l’ANSM à revoir sa stratégie d’encadrement.
Une mesure phare : réduire la taille des boîtes
Face à ce mésusage persistant, l’ANSM cible trois substances : zopiclone, zolpidem et nitrazépam, largement utilisées pour traiter les troubles du sommeil. Les laboratoires devront désormais commercialiser ces molécules dans des conditionnements limités à cinq ou sept comprimés, soit une semaine de traitement maximum.
L’objectif est clair : empêcher les traitements prolongés sans suivi médical et limiter les stocks inutiles dans les foyers. Selon l’ANSM, « diminuer le nombre de comprimés dans les boîtes, c’est réduire le risque d’utilisation prolongée et donc celui de dépendance ».
Pourquoi ces médicaments posent problème
Les benzodiazépines, malgré leur efficacité à court terme, présentent plusieurs dangers : risque de dépendance, troubles cognitifs, chutes chez les personnes âgées, altération de la vigilance… Plus la durée d’utilisation s’allonge, plus les effets indésirables s’intensifient.
L’ANSM rappelle qu’un traitement ne devrait jamais dépasser quelques jours à trois semaines, durée au-delà de laquelle les risques dépassent souvent les bénéfices.
Mobilisation des professionnels de santé
Pour que cette mesure soit efficace, l’agence sollicite les médecins et pharmaciens. Elle les encourage à privilégier les petits conditionnements lorsque c’est possible, et à sensibiliser les patients à un usage encadré de ces traitements.
« Ces médicaments sont souvent utilisés au-delà de la durée de traitement recommandée », insiste l’ANSM, appelant à une vigilance partagée entre prescripteurs et dispensateurs.
Une réponse pragmatique à un enjeu de santé publique
En agissant sur le format même des boîtes, l’ANSM espère provoquer un réflexe de réévaluation médicale systématique après une semaine de traitement. Cette mesure préventive vise à réduire à la source un problème majeur de santé publique : la banalisation de médicaments dont les effets secondaires peuvent être lourds de conséquences.


