Le système de santé français fait face à une pénurie inquiétante touchant un traitement essentiel en psychiatrie. La quétiapine (Xeroquel), médicament crucial pour des milliers de patients souffrant de troubles mentaux sévères, connaît d’importantes ruptures d’approvisionnement depuis le début de l’année. Cette situation préoccupante mobilise l’Agence nationale de sécurité du médicament qui tente de coordonner des solutions d’urgence.
Un antipsychotique majeur en rupture de stock
La quétiapine représente un pilier thérapeutique dans la prise en charge de plusieurs pathologies psychiatriques graves. Ce médicament est notamment prescrit pour traiter la schizophrénie, les troubles bipolaires et certaines formes de dépression résistante aux traitements conventionnels.
Les problèmes d’approvisionnement ont débuté en janvier dernier et se sont progressivement intensifiés. Selon les prévisions de l’ANSM, la situation devrait rester critique jusqu’à la mi-septembre, particulièrement pour les dosages les plus élevés.
Les causes de la pénurie identifiées
Des difficultés de production en cascade
L’origine de cette rupture d’approvisionnement est multifactorielle. Le laboratoire Pharmathen, l’un des principaux fabricants, fait face à d’importants problèmes de production qui perturbent toute la chaîne d’approvisionnement.
En parallèle, Viatris, autre acteur majeur, rencontre des retards significatifs dans le conditionnement des formes à libération prolongée, spécifiquement pour les dosages de 300 mg et 400 mg.
Les dosages concernés
Les comprimés de 300 mg et 400 mg sont les plus touchés par cette pénurie. Ces dosages, généralement prescrits aux patients stabilisés dans leur traitement, deviennent presque impossibles à obtenir dans de nombreuses pharmacies françaises.
Le dosage de 50 mg reste pour l’instant disponible. Toutefois, l’ANSM a émis une recommandation de vigilance, alertant sur les risques d’une prescription massive de ce dosage qui pourrait engendrer de nouvelles tensions d’approvisionnement.
Mobilisation des autorités sanitaires
Face à cette situation critique, l’Agence nationale de sécurité du médicament a mis en place plusieurs mesures d’urgence. Elle a notamment organisé une réunion extraordinaire rassemblant professionnels de santé, associations de patients et laboratoires pharmaceutiques pour coordonner la réponse à cette crise.
L’ANSM a également demandé aux laboratoires de libérer immédiatement tous leurs stocks disponibles et recherche activement des solutions alternatives pour garantir la continuité des soins.
Alternatives thérapeutiques pour les patients
Ajustements médicamenteux possibles
Pour les patients ne pouvant plus accéder à leur traitement habituel, plusieurs options sont envisageables sous stricte supervision médicale :
– La prescription d’un traitement alternatif avec ajustement
posologique
– Le recours à des préparations magistrales de quétiapine à
libération immédiate
Recommandations pratiques
En cas de passage à une forme à libération immédiate, les modalités de prise doivent être adaptées. Il est impératif de respecter un intervalle de 8 à 12 heures entre chaque prise pour maintenir l’efficacité du traitement.
L’ANSM insiste particulièrement sur l’importance d’un suivi médical renforcé pendant cette période. « En cas d’effet indésirable ou de symptôme inhabituel, il est conseillé d’en informer le médecin », rappelle l’agence dans ses communications.
Une vigilance accrue nécessaire
La modification d’un traitement antipsychotique n’est jamais anodine. Les patients sont encouragés à signaler rapidement tout changement dans leur état de santé ou l’apparition de nouveaux symptômes lors de ces adaptations thérapeutiques forcées.
Les professionnels de santé, notamment psychiatres et pharmaciens, sont mobilisés pour accompagner au mieux les patients durant cette période complexe et limiter les risques de décompensation.


