Souvent ignorés, les accidents vasculaires oculaires constituent une urgence médicale majeure. Silencieux et soudains, ils peuvent entraîner une perte totale de la vision en quelques heures, voire annoncer un futur AVC cérébral. Chaque minute compte : une intervention rapide peut parfois sauver la vue.
Quand la circulation du sang s’interrompt dans l’œil
Un AVC oculaire se produit lorsqu’un caillot bloque une artère ou une veine alimentant la rétine. Privés d’oxygène, les tissus rétiniens se détériorent rapidement, provoquant des dommages souvent irréversibles. Ce manque d’irrigation, même de courte durée, peut suffire à plonger un œil dans l’obscurité définitive.
Les formes les plus graves, comme l’occlusion de l’artère centrale de la rétine, entraînent une perte visuelle brutale et totale. D’autres, comme l’occlusion veineuse ou l’occlusion d’une branche artérielle, provoquent une vision partielle, déformée ou parsemée de taches sombres.
Les signes d’alerte à ne jamais ignorer
Certains symptômes doivent alerter immédiatement :
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Perte soudaine et indolore de la vision d’un œil
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Sensation d’un voile noir ou d’un rideau qui tombe
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Apparition de taches flottantes devant les yeux
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Vision déformée ou floue sans douleur
« L’AVC oculaire ne fait pas mal, c’est ce qui trompe le plus souvent : on pense à une fatigue visuelle ou à un problème de lunettes », prévient la Dre Desjardins. Cette confusion retarde trop souvent la prise en charge.
Les causes les plus fréquentes
Les origines sont proches de
celles des AVC cérébraux : hypertension artérielle, diabète, excès de cholestérol, athérosclérose ou
troubles de la
coagulation.
Certaines pathologies locales comme le glaucome ou des antécédents de radiothérapie peuvent
également fragiliser les vaisseaux oculaires.
Les personnes âgées de plus de 60 ans, fumeuses, sédentaires ou soumises à un stress chronique sont particulièrement exposées.
Que faire en cas de symptômes ?
Face à un trouble visuel
brutal, chaque minute
compte. Il faut se rendre immédiatement aux urgences ou
appeler le SAMU
(15).
Des examens tels que le fond d’œil, l’angiographie rétinienne ou l’IRM cérébrale permettent
d’identifier rapidement la cause de l’obstruction et d’adapter le
traitement.
Selon les cas, la prise en charge repose sur :
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des anticoagulants pour dissoudre le caillot,
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des injections intraoculaires d’anti-VEGF ou de corticoïdes,
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une réduction de la pression intraoculaire,
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voire une corticothérapie en cas d’artérite temporale.
Prévenir pour protéger sa vision
La meilleure arme contre l’AVC oculaire reste la prévention cardiovasculaire :
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surveiller sa tension artérielle, sa glycémie et son cholestérol,
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arrêter le tabac, limiter l’alcool,
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adopter une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes,
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et effectuer des contrôles ophtalmologiques réguliers.
Un trouble à prendre au sérieux
L’AVC oculaire reste rare mais redoutable. Sa particularité silencieuse et indolore le rend difficile à détecter à temps, alors qu’une prise en charge rapide dans les premières heures peut faire toute la différence entre vue préservée et cécité définitive.


