Depuis quelques semaines, un silence pesant plane autour d’un traitement prescrit depuis plus de trente ans. Un médicament que beaucoup prennent sans y penser, souvent en dernier recours, mais qui se retrouve aujourd’hui au cœur d’un signalement alarmant des autorités sanitaires. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) appelle désormais les patients à une vigilance immédiate, tant les effets indésirables repérés peuvent être redoutables.
Le public ne s’y attendait pas : derrière un traitement réputé “classique”, ce sont des complications graves, insidieuses, parfois fulgurantes, qui sont désormais mises en lumière.
Un vieux traitement, mais un risque bien réel
Le Nicorandil, un vasodilatateur utilisé pour soulager l’angor stable lorsque les solutions classiques échouent, refait parler de lui. Prescrit seulement lorsque bêtabloquants et antagonistes calciques sont impossibles, ce médicament semblait parfaitement cadré… jusqu’à ce que des cas sévères refassent surface.
Le Dr Gérald Kierzek rappelle clairement son cadre d’utilisation : « Le nicorandil est un médicament vasodilatateur utilisé en dernière intention pour traiter l’angor stable chez les adultes, notamment lorsque les traitements de première intention… Il n’est jamais donné en première intention ».
Des lésions qui évoluent dans l’ombre
Le signalement principal concerne désormais des ulcérations profondes, parfois destructrices. Elles peuvent toucher la peau, les muqueuses, les zones génitales, ou même le système digestif. Ce ne sont pas de simples irritations : certaines évoluent en perforations, fistules, abcès ou hémorragies, selon les médecins qui suivent le dossier.
Les personnes âgées et les patients polymédiqués sont parmi les plus vulnérables. Les malades souffrant de diverticulose seraient également beaucoup plus exposés.
Quand les interactions deviennent explosives
Le danger se démultiplie dès que le Nicorandil est associé à certains médicaments du quotidien. AINS, corticoïdes, aspirine… des combinaisons fréquentes, parfois automatiques, mais dont les conséquences peuvent être ravageuses sur le tube digestif. Une seule co-prescription hasardeuse peut suffire à dégrader la situation.
Les symptômes qui doivent alerter sur-le-champ
L’ANSM, dans son rappel publié le 12 novembre 2025, insiste sur des signaux qui nécessitent une réaction immédiate :
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Ulcérations cutanées, buccales ou génitales
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Douleurs abdominales soudaines
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Saignements digestifs, même discrets
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Perte de poids inexpliquée
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Yeux rouges, douloureux ou irrités
Des signes qui, mis bout à bout, dessinent un tableau préoccupant lorsqu’ils surviennent sous Nicorandil.
Un constat sans appel : une seule issue pour guérir
Le point le plus marquant du
rapport tient en une phrase : tant que le traitement continue, les ulcérations ne
guérissent pas. Aucun soin local, aucun traitement
classique ne suffit.
La seule stratégie efficace reste l’arrêt complet… mais uniquement
après avis médical.
L’ANSM ne laisse aucune ambiguïté : *« La seule solution définitive pour permettre la cicatrisation et la guérison est l’arrêt immédiat et définitif du médicament ». *
Un appel au sang-froid, pas à la panique
Les patients concernés ne doivent en aucun cas arrêter leur traitement seuls. En revanche, au moindre symptôme cité, la consultation doit être rapide : médecin traitant, cardiologue ou urgences selon la gravité. Le traitement pourra alors être réévalué et remplacé si nécessaire.


