Pendant des décennies, le beurre a été diabolisé pour ses effets supposés sur le cholestérol, tandis que la margarine se présentait comme l’alternative santé par excellence. Mais cette vision binaire est-elle vraiment justifiée ? Des chercheurs de l’Université de Cambridge remettent en question ces idées reçues et invitent à repenser notre rapport aux matières grasses.
Un débat simplifié depuis les années 1950
Le débat autour des graisses saturées a été considérablement simplifié depuis les années 1950, selon les travaux de Nita Forouhi. Cette simplification a conduit à des recommandations nutritionnelles parfois trop tranchées, ne tenant pas compte de la complexité des acides gras.
Les aliments offrent bien plus que leurs seuls éléments nutritifs. Ils contiennent également des minéraux et des vitamines qui jouent un rôle crucial dans l’équilibre alimentaire global.
Toutes les graisses ne se valent pas
Les chercheurs de l’Université de Cambridge sont formels : toutes les graisses ne sont pas égales. Leur influence sur la santé dépend avant tout de l’ensemble du régime alimentaire dans lequel elles s’inscrivent.
Certains acides gras saturés, notamment ceux à « chaîne impaire » présents dans les graisses laitières, peuvent même réduire le risque cardiométabolique. À l’inverse, les acides gras saturés provenant de la viande et du beurre peuvent avoir des effets négatifs sur l’organisme.
Le beurre : un produit simple mais riche
Le beurre se caractérise par sa simplicité. Ce produit naturel reste néanmoins riche en graisses saturées et en cholestérol, ce qui a longtemps justifié sa mauvaise réputation.
La margarine : profil intéressant mais ultra-transformation
La margarine présente un profil nutritionnel perçu comme meilleur que celui du beurre. Elle contient davantage de graisses insaturées et parfois même des oméga-3 bénéfiques pour la santé cardiovasculaire.
Toutefois, sa fabrication fait appel à des procédés industriels souvent ultra-transformés, bien que les techniques aient été considérablement améliorées ces dernières années.
Des recommandations pour une consommation équilibrée
Les autorités françaises recommandent de limiter les graisses saturées à environ 8 à 10 % de l’énergie totale consommée quotidiennement. L’objectif global vise 30 à 35 % de lipides par jour.
Concrètement, cela représente 10 à 20 grammes de matière grasse à tartiner pour un adulte. Une consommation responsable et modérée du beurre pourrait donc être sans conséquence si le reste du régime alimentaire est sain et équilibré.
L’essentiel réside dans la prise en compte du type de graisses consommées, de leur quantité et des risques de santé individuels de chaque personne.


