Alors que la pandémie de Covid-19 semble appartenir au passé pour beaucoup, le virus continue d’évoluer discrètement. L’apparition récente d’un nouveau sous-variant suscite l’attention des scientifiques, notamment en raison de son profil atypique qui concerne davantage une tranche d’âge spécifique.
Le variant « Cigale » détecté dans plus de vingt pays
Le sous-variant BA.3.2, baptisé « Cigale », a fait son apparition sur le radar des autorités sanitaires. Initialement repéré chez un voyageur en provenance des Pays-Bas aux États-Unis, ce nouveau variant s’est rapidement propagé à l’échelle internationale.
À ce jour, 23 pays ont signalé sa présence sur leur territoire. Aux États-Unis, les analyses des eaux usées ont permis de l’identifier dans 25 États différents, témoignant d’une circulation déjà bien établie.
Une cible privilégiée : les enfants de 3 à 15 ans
Ce qui distingue particulièrement BA.3.2 des précédents variants, c’est sa capacité à infecter plus efficacement les jeunes. Le Dr. Tulio de Oliveira observe que ce variant semble toucher davantage les enfants âgés de 3 à 15 ans.
Toutefois, cette situation ne s’accompagne heureusement pas d’une aggravation des symptômes. Le variant ne provoque pas de formes plus graves de la maladie chez cette population vulnérable.
Des mutations nombreuses mais pas alarmantes
Un descendant d’Omicron fortement modifié
BA.3.2 appartient à la lignée Omicron, apparue en 2022. Sa particularité réside dans son patrimoine génétique fortement remanié : il présente 53 modifications de sa protéine Spike par rapport au variant BA.3.
Comparé au coronavirus original de 2019, ce sous-variant cumule environ 70 mutations. Ces transformations génétiques soulèvent des interrogations quant à sa capacité à échapper à l’immunité.
L’efficacité vaccinale maintenue
Malgré ces nombreuses modifications, les experts se montrent rassurants. Les vaccins conservent leur efficacité face à ce nouveau variant, même si les mutations pourraient théoriquement lui permettre de contourner partiellement l’immunité acquise.
Une circulation faible et une menace limitée
Le Covid-19 poursuit sa circulation à un niveau très faible dans la population générale. Le Dr. Tulio de Oliveira affirme qu’aucune augmentation des hospitalisations ni des décès n’a été constatée en lien avec BA.3.2.
Le Dr. Marc Johnson apporte également une perspective encourageante : « Je pense qu’il y a de fortes chances que BA.3.2 devienne la variante dominante, mais ce n’est certainement pas une variante aussi envahissante que beaucoup d’autres que nous avons connue », précise-t-il.
Pas d’escalade agressive prévue
Interrogé sur l’évolution potentielle du variant, le Dr. Marc Johnson estime que BA.3.2 n’est probablement pas à une mutation de devenir plus agressif. Cette analyse contribue à apaiser les inquiétudes.
Le Dr. Alex Greninger souligne néanmoins l’intérêt scientifique de ce variant d’un point de vue de l’évolution virale, permettant de mieux comprendre les mécanismes d’adaptation du virus.


