Les patients qui prennent quotidiennement de l’aspirine pour protéger leur cœur et leurs artères vont devoir faire face à une situation inédite. L’Agence nationale de sécurité du médicament tire la sonnette d’alarme sur des tensions majeures concernant l’accès à ce traitement préventif essentiel.
Cette alerte sanitaire touche des milliers de personnes qui dépendent de ce médicament pour réduire les risques d’accidents cardiovasculaires graves. Une situation qui pourrait durer plusieurs années selon les premières estimations.
Un médicament vital en tension
L’ANSM a officiellement signalé des difficultés d’approvisionnement concernant les comprimés d’aspirine utilisés en prévention cardiovasculaire. Ces traitements sont prescrits pour éviter les AVC et les infarctus chez les patients à risque.
Le médicament concerné est le Resitune, commercialisé par le laboratoire Pfizer, disponible en dosages de 75 mg et 100 mg. Ces comprimés contiennent de l’acide acétylsalicylique, plus connu sous le nom d’aspirine.
Une formulation spécifique pour protéger l’estomac
Ces comprimés se distinguent par leur formulation gastrorésistante, une caractéristique essentielle pour les patients. Cette protection permet d’éviter les effets secondaires gastro-intestinaux comme les ulcères, fréquents avec une prise prolongée d’aspirine.
Les propriétés anticoagulantes de ces médicaments en font un traitement de première ligne pour les personnes présentant des facteurs de risque cardiovasculaire. Ils fluidifient le sang et préviennent la formation de caillots dangereux.
Des problèmes de production chez Pfizer
Le laboratoire pharmaceutique américain fait face à des problèmes industriels significatifs. Pfizer éprouve des « difficultés de production » qui impactent directement la disponibilité du Resitune sur le marché français.
Ces complications techniques ne sont pas temporaires. Les tensions sur l’approvisionnement sont prévues pour se prolonger jusqu’à début 2027, soit près de deux ans de pénurie potentielle.
Une solution d’urgence mise en place
Face à cette situation critique, l’ANSM a pris des mesures exceptionnelles. L’agence a autorisé les pharmaciens à procéder à des substitutions entre médicaments contenant de l’acide acétylsalicylique.
Concrètement, les professionnels de santé peuvent désormais remplacer les comprimés de 75 mg et 100 mg entre eux selon les disponibilités en stock. Cette flexibilité vise à garantir la continuité des traitements pour tous les patients.
Cette mesure pragmatique devrait permettre d’éviter les ruptures de traitement, particulièrement dangereuses pour les personnes sous prévention cardiovasculaire.


