Le géant de l’agroalimentaire Danone essuie un revers judiciaire retentissant. Sa marque phare d’eau minérale se retrouve sur le banc des accusés pour avoir induit les consommateurs en erreur avec des promesses écologiques jugées mensongères.
La justice parisienne vient de rendre un verdict sans appel contre les pratiques commerciales de la célèbre enseigne. Une décision qui pourrait faire jurisprudence dans la lutte contre l’écoblanchiment.
Une condamnation pour pratiques commerciales déloyales
Le tribunal judiciaire de Paris a reconnu Volvic coupable de pratiques commerciales trompeuses. Les inscriptions apposées sur les bouteilles promettant un produit « neutre en carbone » et « 100% recyclable » ont été au cœur du litige.
L’entreprise devra s’acquitter de 75 000 euros de dommages et intérêts au profit de l’association de consommateurs CLCV. Une sanction financière accompagnée d’une obligation de publicité du jugement.
Pendant six mois, Volvic devra afficher la décision de justice sur la page d’accueil de son site internet. Une mesure destinée à informer largement le public de cette condamnation.
Des arguments écologiques jugés fallacieux
Le mythe du recyclage intégral
Les magistrats ont pointé du doigt l’impossibilité de recycler totalement les bouteilles. Les étiquettes avec colle et encre ne peuvent prétendre à une recyclabilité complète, contrairement aux allégations de la marque.
En réalité, seule une partie des bouteilles fait l’objet d’un recyclage effectif. L’affirmation « 100% recyclables » s’est révélée être une promesse intenable.
Une neutralité carbone contestée
La compensation des émissions lors de la fabrication ne couvre pas l’intégralité de l’empreinte carbone. Le tribunal a estimé que ces allégations de neutralité pouvaient induire les consommateurs en erreur.
Les juges ont considéré que les mentions utilisées sur les emballages ne reflétaient pas la réalité environnementale du produit commercialisé.
Les réactions des parties prenantes
Danone annonce un recours
Le groupe Danone a immédiatement contesté la décision rendue. L’entreprise prévoit de faire appel du jugement, refusant de s’incliner devant cette condamnation.
La multinationale affirme travailler activement au renforcement de ses engagements environnementaux. Elle s’est fixé pour objectif de réduire de 35% ses émissions mondiales de carbone d’ici 2030 par rapport à 2020.
Une victoire pour les défenseurs des consommateurs
La CLCV salue un « jugement historique » qui protège efficacement le consommateur. L’association voit dans cette décision une avancée majeure contre les pratiques d’écoblanchiment.
Au niveau européen, le BEUC a déposé une plainte auprès de la Commission européenne concernant les allégations environnementales trompeuses. La mobilisation dépasse désormais les frontières françaises.
Un changement de stratégie amorcé en 2023
La certification « neutre en carbone » avait été obtenue en 2020 par l’intermédiaire de Carbon Trust. Danone l’a abandonnée en septembre 2023, quelques mois avant le verdict.
Ce retrait anticipé témoigne d’une prise de conscience des limites de telles certifications. L’entreprise cherche désormais à recalibrer sa communication environnementale.


