Le cancer gastrique demeure l’une des pathologies les plus redoutées du système digestif. Si certains facteurs de risque sont bien identifiés, une nouvelle étude américaine vient d’établir un lien troublant entre la consommation régulière de sodas et l’apparition de cette maladie. Les résultats interpellent particulièrement les gros consommateurs.
Une vaste analyse menée sur près de 180 000 personnes
Des chercheurs américains ont réalisé une grande étude épidémiologique dont les conclusions ont été publiées dans la revue Gastro Hep Advances. Les scientifiques se sont appuyés sur deux cohortes majeures : la Nurses Health Study et la Health Professionals Follow-Up Study.
Au total, 177 000 participants ont été suivis pendant plusieurs années. Parmi eux, 278 cas de cancer gastrique ont été recensés, permettant d’analyser les habitudes de consommation et d’établir des corrélations significatives.
Un risque multiplié par 2,5 pour les plus gros consommateurs
Les résultats démontrent qu’une consommation quotidienne de boissons sucrées, dépassant une portion par jour, est associée à une augmentation importante du risque. Concrètement, boire plus d’une portion de 237 ml multiplie par 2,45 les chances de développer un cancer de l’estomac.
Les femmes apparaissent particulièrement vulnérables face à ce risque. Chez elles, le danger est multiplié par trois, contre un facteur de deux chez les hommes.
Les édulcorants ne semblent pas impliqués
Contrairement aux boissons sucrées traditionnelles, les sodas light ou zero n’ont montré aucune association avec le cancer gastrique dans cette étude. Bien que l’aspartame soit classé comme cancérogène possible, les données actuelles ne permettent pas d’établir de résultats concordants.
Comment le sucre favoriserait-il l’apparition du cancer ?
Les scientifiques avancent plusieurs hypothèses pour expliquer ce phénomène. La consommation excessive de boissons sucrées pourrait contribuer à la prise de poids, facteur de risque connu pour de nombreux cancers.
D’autres mécanismes sont également envisagés : perturbation de l’utilisation de l’insuline par l’organisme, modification de l’équilibre des hormones stéroïdiennes, ou encore induction d’un état inflammatoire provoquant des dommages à l’ADN.
La dysbiose, soit la perturbation de l’équilibre des bactéries intestinales, figure également parmi les pistes explorées par les chercheurs.
Les autres facteurs de risque identifiés
Le cancer de l’estomac ne se résume pas à la seule consommation de sodas. Les infections par la bactérie Helicobacter pylori constituent un facteur majeur, tout comme le tabagisme et la consommation d’alcool.
Les habitudes alimentaires jouent également un rôle déterminant. Une alimentation riche en produits très salés et en viandes grillées, associée à une faible consommation de fruits et légumes, augmente significativement les risques.
Une étude observationnelle à interpréter avec prudence
Malgré la rigueur méthodologique reconnue de ces travaux, il convient de rappeler leur nature observationnelle. L’étude établit une association statistique mais ne démontre pas de lien de causalité directe.
Ces résultats doivent néanmoins inciter à la vigilance quant à la consommation régulière et excessive de boissons sucrées, dans le cadre d’une approche globale de prévention des cancers digestifs.


