Lorsqu’on parle de cancer, on pense souvent aux facteurs classiques : tabac, alimentation, hérédité… Mais une nouvelle piste intrigue les chercheurs : et si votre groupe sanguin influençait vos probabilités de développer certaines formes de cancer ?
Selon plusieurs études récentes, certaines catégories sanguines seraient statistiquement plus exposées que d’autres à certaines tumeurs. Un lien surprenant, qui pourrait bien transformer les méthodes de prévention et de dépistage à l’avenir.
Une nouvelle piste de recherche : le lien entre groupe sanguin et maladies
Longtemps cantonnés au domaine médical pour les dons de sang, les groupes sanguins reviennent aujourd’hui sous les projecteurs de la recherche. En cause ? Leur possible influence sur certaines fonctions biologiques, notamment la réponse immunitaire, la circulation sanguine, et la vulnérabilité face à certaines pathologies, dont les cancers.
Une vaste étude menée en Iran sur 50 000 personnes suivies pendant 7 ans a révélé des écarts de risque selon le groupe sanguin, particulièrement marqués pour certains types de cancers.
📊 Ce que révèlent les chiffres
Les résultats sont éloquents :
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Les personnes du groupe A présentent un risque six fois plus élevé de développer un cancer colorectal ou intestinal.
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Les individus des groupes A, B et AB ont 55 % de risque en plus de souffrir d’un cancer de l’estomac.
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Le groupe AB est également associé à une augmentation de 45 % du risque de cancer du foie, selon une autre étude menée sur 18 000 adultes.
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À l’inverse, les individus de groupe O semblent mieux protégés, notamment contre le cancer du pancréas, avec un risque réduit d’environ un sixième chez les personnes de groupe O (et dans une moindre mesure, AB).
Pourquoi ces différences entre les groupes sanguins ?
Les mécanismes en jeu ne sont pas encore totalement élucidés, mais une hypothèse émerge : les antigènes présents à la surface des globules rouges – qui définissent chaque groupe sanguin – pourraient influencer la manière dont notre corps réagit aux agressions, notamment bactériennes, ou comment il déclenche (ou non) une inflammation chronique, parfois liée au développement tumoral.
Faut-il s’inquiéter ? Pas forcément
Les chercheurs insistent sur un point : appartenir à un groupe plus exposé ne signifie pas que vous serez malade. D’autres facteurs bien connus, comme le tabagisme, la consommation d’alcool, l’alimentation déséquilibrée ou la sédentarité, restent des éléments déclencheurs bien plus déterminants.
Ces données ne doivent donc pas être lues comme une fatalité, mais comme un levier potentiel pour affiner les stratégies de prévention, notamment chez les personnes considérées comme à risque.
🧬 Et moi, quel est mon groupe sanguin ?
En France, la répartition est la suivante :
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Groupe A : 44 %
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Groupe O : 42 %
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Groupe B : 10 %
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Groupe AB : 4 %
Si vous ne connaissez pas votre groupe, une prise de sang prescrite par un médecin, un don de sang ou un suivi médical pendant une grossesse permet de l’identifier rapidement.
Vers une médecine plus personnalisée ?
Ces études marquent un pas vers une médecine plus ciblée, plus personnalisée. Comprendre comment un facteur aussi simple que le groupe sanguin peut influer sur notre santé ouvre des perspectives intéressantes, notamment en matière de dépistage précoce et de suivi individualisé.
Pour l’instant, ces résultats nécessitent encore des confirmations à grande échelle, mais ils invitent déjà à repenser certains outils de prévention.