Le cancer du pancréas, sixième cancer le plus fréquent en France, pourrait avoir un lien avec certains microorganismes présents dans notre bouche. Une étude américaine révèle une corrélation significative qui ouvre des perspectives tant pour la prévention que pour le diagnostic précoce de cette maladie particulièrement agressive dont l’incidence ne cesse d’augmenter.
L’inquiétante progression du cancer pancréatique en France
L’année 2023 a vu près de 16 000 nouveaux cas de cancer du pancréas diagnostiqués sur le territoire français. Un chiffre qui s’inscrit dans une tendance à la hausse constante depuis plus d’une décennie.
Cette maladie progresse inexorablement avec une augmentation annuelle d’environ 2% chez les femmes et 1,6% chez les hommes depuis 2010, selon les dernières données épidémiologiques.
Les facteurs de risque traditionnellement identifiés comprennent le tabagisme, l’obésité, le syndrome métabolique, le diabète ainsi que les antécédents familiaux.
La flore buccale, un indicateur potentiel du risque de cancer
L’étude américaine, d’une ampleur considérable, a suivi plus de 122 000 personnes pendant environ neuf ans en analysant leur salive.
Les résultats sont surprenants : certains microorganismes présents dans notre bouche pourraient multiplier par 3,5 le risque de développer un cancer du pancréas.
Des organismes microscopiques sous surveillance
Parmi les centaines de microorganismes qui composent notre flore buccale, les chercheurs ont identifié précisément 27 espèces de bactéries et champignons associées à ce risque accru.
Le champignon Candida a particulièrement retenu l’attention des scientifiques. Ce micro-organisme, que l’on retrouve couramment dans la bouche, a été « identifié dans les tumeurs pancréatiques des patients » et pourrait « jouer un rôle dans le cancer du pancréas », selon les conclusions de l’étude.
Une corrélation désormais confirmée
Yixuan Meng, l’un des chercheurs impliqués dans cette étude, souligne que ces travaux apportent « un nouvel éclairage sur la relation entre le microbiome buccal et le cancer du pancréas ».
Ces découvertes confirment une observation clinique de longue date : « depuis longtemps observé que les personnes ayant une mauvaise santé bucco-dentaire sont plus vulnérables au cancer du pancréas que celles ayant une bouche plus saine ».
Vers de nouvelles stratégies de prévention et de dépistage
Cette découverte représente une avancée significative dans la compréhension des mécanismes pouvant mener au développement du cancer pancréatique.
Plus concrètement, elle offre des perspectives prometteuses pour le dépistage précoce de cette maladie souvent diagnostiquée tardivement. Les auteurs de l’étude estiment que « le microbiote buccal semble prometteur en tant que biomarqueur permettant d’identifier les personnes présentant un risque élevé de cancer du pancréas, ce qui pourrait contribuer à une prévention personnalisée ».
L’hygiène dentaire comme geste préventif
Richard Hayes, l’un des scientifiques ayant participé à ces travaux, formule une conclusion aussi simple que frappante : « Il est plus évident que jamais que se brosser les dents et utiliser du fil dentaire peut aussi protéger contre le cancer ».
Cette étude renforce donc l’importance d’une bonne hygiène bucco-dentaire, non seulement pour la santé des dents et des gencives, mais également comme potentielle mesure préventive contre le cancer du pancréas.


