Une alerte médicale vient remettre en question l’un des traitements les plus prescrits en France : le méthotrexate. Utilisé depuis des années pour soulager des maladies chroniques comme la polyarthrite rhumatoïde, ce médicament essentiel pourrait, selon une étude récente, fragiliser les os de certains patients — notamment les plus âgés.
Un traitement incontournable mais sous surveillance
Prescrit à plus de 300 000 personnes en France, le méthotrexate est un pilier dans la prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde, de l’arthrite psoriasique ou encore de certaines leucémies. Mais derrière son efficacité reconnue, des chercheurs alertent désormais sur des effets secondaires rares mais préoccupants.
Une étude parue en 2024 dans La Revue du rhumatisme a mis en évidence 74 cas de fractures de stress survenus chez des patients traités par méthotrexate entre 2012 et 2024. Ces fractures, souvent méconnues, touchent les os porteurs comme le tibia ou le pied et apparaissent parfois sans traumatisme particulier.
Les profils les plus à risque
D’après les chercheurs, les fractures concernent surtout :
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Les femmes ménopausées, plus sujettes à la déminéralisation osseuse ;
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Les patients déjà victimes de fractures ;
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Les personnes souffrant d’ostéoporose.
Ces résultats incitent les médecins à renforcer la vigilance clinique et à proposer un suivi osseux régulier pour les patients fragiles. Le méthotrexate reste efficace, mais nécessite désormais un encadrement plus rigoureux.
Alerte de l’ANSM : attention au surdosage
En parallèle, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a rappelé que des surdosages parfois mortels continuent d’être signalés. L’organisme met en garde : le méthotrexate ne doit être pris qu’une seule fois par semaine.
« Des surdosages, conduisant parfois au décès compte tenu de la toxicité du méthotrexate, sont encore déclarés », souligne l’ANSM dans son communiqué.
Ces erreurs sont souvent dues à une prise trop fréquente ou à des interactions médicamenteuses, parfois méconnues des patients.
Renforcer la prévention et le suivi
Pour éviter tout incident, les autorités sanitaires recommandent :
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Un suivi médical régulier, en particulier chez les personnes âgées ;
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Une vérification systématique des autres traitements pris en parallèle ;
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Une information claire aux patients sur la posologie hebdomadaire.
Chez les patients atteints d’ostéoporose ou fragiles sur le plan osseux, une surveillance densitométrique pourrait devenir une précaution systématique lors d’un traitement prolongé.
En résumé, le méthotrexate reste un traitement de référence, mais ses effets sur la solidité des os invitent à une vigilance accrue. Entre fractures silencieuses et risque de surdosage, les médecins comme les patients doivent redoubler d’attention.


