Face à l’émergence de nouvelles allergies alimentaires potentiellement mortelles, les experts tirent la sonnette d’alarme. Si l’Union européenne impose aujourd’hui l’étiquetage de 14 allergènes majeurs, cette réglementation semble désormais insuffisante au regard des données récentes sur les réactions anaphylactiques graves.
Huit nouveaux allergènes identifiés comme dangereux
Une étude approfondie menée par le réseau français Allergy-Vigilance a analysé près de 3000 cas d’allergies signalés sur une période de plus de vingt ans (2002-2023). Les résultats sont sans appel : huit allergènes non réglementés provoquent des réactions graves, parfois mortelles.
Parmi ces allergènes émergents figurent le lait de chèvre et de brebis, le sarrasin, les pois et lentilles, l’alpha-gal (présent dans les viandes de mammifères), les pignons de pin, le kiwi, les produits de la ruche et la pomme.
Des réactions plus fréquentes que pour certains allergènes déjà réglementés
L’étude révèle un fait préoccupant : ces nouveaux allergènes provoquent davantage de réactions que certains produits déjà soumis à étiquetage obligatoire, comme la moutarde ou les sulfites. Au total, 413 cas d’anaphylaxie graves ont été recensés, incluant deux décès directement liés à des laits animaux non signalés.
« Nous pensons qu’il est temps de revoir la liste des 14 aliments dont l’étiquetage est obligatoire pour inclure au moins les plus graves de ces allergènes alimentaires émergents », alerte Dominique Sabouraud-Leclerc, l’une des scientifiques impliqués dans cette recherche.
L’anaphylaxie : une réaction rapide et potentiellement mortelle
L’anaphylaxie représente la forme la plus sévère d’allergie alimentaire. Elle peut provoquer un gonflement de la gorge, une perte de connaissance et, sans intervention rapide, entraîner le décès en quelques minutes seulement.
Face à une telle urgence, seule une injection d’adrénaline peut sauver la vie du patient. C’est pourquoi l’identification précise des allergènes sur les étiquettes devient littéralement une question de vie ou de mort pour les personnes allergiques.
Quels allergènes ajouter en priorité ?
Les chercheurs proposent d’inclure en priorité quatre catégories d’aliments dans la réglementation européenne :
– Le lait de chèvre et de brebis
– Le sarrasin
– Les pois et lentilles
– Les pignons de pin
Ces recommandations se fondent sur la fréquence et la gravité des réactions observées, ainsi que sur la présence souvent méconnue de ces ingrédients dans certaines préparations alimentaires.
Une réglementation qui peine à suivre l’évolution des allergies
La liste actuelle des 14 allergènes obligatoirement étiquetés comprend notamment les œufs, le lait de vache, les fruits à coque, le gluten ou encore les crustacés. Établie il y a plusieurs années, cette réglementation ne reflète plus la réalité des allergies alimentaires d’aujourd’hui.
Les habitudes alimentaires évoluent, les produits se diversifient et de nouveaux allergènes font leur apparition dans notre quotidien. La mise à jour de cette liste représente un enjeu crucial de santé publique pour protéger efficacement les personnes allergiques.
L’étude complète, intitulée « Food Anaphylaxis: Eight Food Allergens Without Mandatory Labelling Highlighted by the French Allergy-Vigilance Network », a été publiée dans la revue Clinical & Experimental Allergy en août 2025.



Un commentaire
une somme d’information loin d’être inutile, qui, je pense me permettra de modifier un peu mes habitudes parfois mauvaises. Merci en tout cas de partager vos avis avec vos contemporains