Cette maladie s’installe progressivement comme un enjeu sanitaire majeur en France. En dix ans seulement, le nombre de cas détectés a presque doublé, passant de 1850 en 2013 à 3118 cas en 2023 selon les autorités sanitaires françaises. On parle de l’hépatite E.
Que cache cette infection discrète ?
L’hépatite E est une infection virale qui affecte principalement le foie. Si, dans la plupart des cas, elle évolue sans signe apparent, elle peut cependant causer divers troubles tels que fatigue prolongée, douleurs abdominales, perte de poids involontaire, fièvre légère, démangeaisons cutanées, jaunisse, ou même des troubles urinaires inhabituels. Ces symptômes, lorsqu’ils se manifestent, peuvent durer plusieurs semaines, perturbant sérieusement la vie quotidienne.
Dans certaines circonstances particulières, la maladie peut prendre une tournure dramatique. L’Organisation Mondiale de la Santé souligne particulièrement le danger que représente cette infection chez les femmes enceintes : « Jusqu’à 20 à 25 % des femmes enceintes peuvent mourir si elles contractent une hépatite E au cours du troisième trimestre ». Cette réalité alarmante rend essentielle la prise de conscience collective des dangers associés.
Populations à haut risque
Toutes les personnes ne présentent pas le même niveau de risque face à l’hépatite E. Les groupes les plus sensibles incluent notamment :
- Les femmes enceintes, particulièrement vulnérables pendant les derniers mois de la grossesse.
- Les patients sous traitement immunosuppresseur, tels que ceux greffés ou atteints de maladies auto-immunes.
- Les personnes souffrant déjà d’une maladie chronique du foie.
Chez ces individus, une infection par l’hépatite E peut rapidement évoluer vers des formes aiguës sévères, voire fatales.
Les sources cachées de contamination
L’hépatite E est principalement transmise par la voie alimentaire en France. Parmi les sources principales figurent notamment :
- Les charcuteries artisanales (figatelli, saucisses, pâtés) souvent consommées insuffisamment cuites.
- La viande de gibier, particulièrement celle du cerf ou du sanglier, lorsqu’elle est préparée crue ou peu cuite.
Prévention pratique : gestes quotidiens simples
La prévention reste la meilleure stratégie face à cette maladie. Quelques mesures faciles peuvent réduire considérablement le risque d’infection :
- Se laver minutieusement les mains après les toilettes et avant toute préparation alimentaire.
- Bien nettoyer et désinfecter les surfaces et les ustensiles utilisés pour les préparations alimentaires, en particulier celles impliquant des viandes crues.
- Toujours cuire complètement et à température suffisante les viandes à risque.
L’information, clé de la lutte contre l’hépatite E
Devant la progression continue du nombre de cas, il est indispensable de renforcer les efforts de sensibilisation. Informer la population sur les risques et les bons réflexes à adopter est crucial pour stopper la montée silencieuse de cette infection encore trop peu connue du public.