Une enquête alerte sur les dangers potentiels des produits parfumants utilisés quotidiennement dans nos maisons. Les personnes vulnérables sont particulièrement concernées par ces risques encore méconnus du grand public, alors que les fabricants multiplient les produits censés « purifier » notre atmosphère intérieure.
Des émissions toxiques sous-estimées
L’utilisation régulière et prolongée de parfums d’intérieur représente un risque sanitaire important, particulièrement pour les populations vulnérables comme les enfants, les femmes enceintes ou les personnes asthmatiques.
Cette mise en garde émane d’une étude approfondie menée par le magazine 60 Millions de consommateurs, qui a testé un panel de 20 produits parfumants couramment utilisés dans les foyers français.
L’enquête révèle que certains parfums d’intérieur libèrent des substances potentiellement dangereuses lors de leur utilisation, notamment les encens et plusieurs sprays désodorisants.
Les encens en tête des produits les plus dangereux
Parmi les cinq catégories de produits analysées (encens, bougies, diffuseurs statiques, diffuseurs électriques et sprays), les encens se distinguent comme les plus néfastes pour la qualité de l’air intérieur.
Les tests montrent des niveaux particulièrement inquiétants de formaldéhyde, substance classée comme cancérogène avéré. Les quatre modèles d’encens examinés émettent entre 42 et 102 microgrammes de formaldéhyde par mètre cube.
Ces produits libèrent également d’importantes concentrations de microparticules et de composés organiques volatils, altérant significativement la qualité de l’air respiré.
Un cadre réglementaire insuffisant
Face à ces constats, 60 Millions de consommateurs appelle à une réglementation plus stricte concernant ces produits du quotidien. Le magazine demande une « obligation d’un étiquetage clair et lisible sur les risques pour la santé » de ces parfums d’intérieur.
L’organisation de défense des consommateurs souhaite également un encadrement spécifique pour les solvants émis par les diffuseurs passifs, ainsi qu’une réglementation plus contraignante sur les émissions des encens et autres parfumants à combustion.
Des allégations marketing trompeuses
L’enquête pointe également du doigt les allégations commerciales souvent utilisées par les fabricants. Les termes comme « assainissant » ou « purifiant » devraient, selon 60 Millions de consommateurs, être encadrés plus rigoureusement pour éviter d’induire le consommateur en erreur.
Ces qualificatifs peuvent en effet laisser penser que ces produits améliorent la qualité de l’air alors qu’ils y ajoutent au contraire des substances potentiellement nocives.
Les recommandations officielles
Le ministère de la Santé rappelle que depuis mai 2017, l’affichage des précautions d’utilisation est obligatoire sur l’emballage des désodorisants à combustion comme les bougies parfumées et les encens.
En revanche, pour les désodorisants non combustibles (sprays aérosols, diffuseurs, etc.), aucune obligation similaire n’existe actuellement. Les autorités sanitaires recommandent toutefois de les utiliser avec précaution et d’aérer systématiquement les pièces après leur utilisation.


