Une rumeur persistante circule depuis plusieurs mois sur les réseaux sociaux, établissant un lien potentiel entre une habitude quotidienne anodine et une maladie neurodégénérative redoutée. Mais que dit vraiment la science sur ce sujet qui suscite inquiétudes et interrogations ?
Une étude australienne à l’origine de la controverse
En 2022, une équipe de chercheurs de l’université Griffith en Australie a publié des travaux concernant la bactérie Chlamydia pneumoniae et son potentiel impact sur le cerveau. Cette recherche, réalisée exclusivement sur des souris, a montré que cette bactérie pouvait, sous certaines conditions très spécifiques, voyager depuis la cavité nasale jusqu’au cerveau en empruntant le nerf olfactif.
Les résultats ont révélé que les rongeurs ainsi exposés présentaient des modifications cérébrales précoces similaires à celles observées dans la maladie d’Alzheimer. C’est cette étude qui a été interprétée, parfois de manière excessive, comme établissant un lien direct entre le fait de se curer le nez et le développement de la démence.
Des conditions expérimentales très éloignées de la réalité
Un élément crucial a souvent été omis dans la médiatisation de cette étude : pour que la bactérie atteigne le cerveau des souris, les chercheurs avaient préalablement endommagé intentionnellement leur muqueuse nasale avec un produit chimique.
Cette procédure expérimentale représente une agression bien plus importante que le simple geste de se curer le nez. La comparaison entre les deux situations s’avère donc particulièrement hasardeuse.
L’avis des experts neurologues
Le professeur Bryce Vissel, ainsi que plusieurs autres neuroscientifiques, ont fermement souligné l’absence de preuves scientifiques solides établissant un lien entre cette habitude quotidienne et le développement de la maladie d’Alzheimer chez l’humain.
Leur position est claire : rien dans l’expérience menée sur les souris ne permet d’affirmer que se curer le nez constitue un facteur de risque pour la démence.
Entre précautions raisonnables et alarmisme injustifié
Si se curer le nez reste un geste courant pratiqué par une grande partie de la population, les spécialistes rappellent qu’il convient simplement d’éviter de le faire de manière trop agressive, pour ne pas blesser la muqueuse nasale.
Cette recommandation relève davantage de l’hygiène basique que d’une prévention contre les maladies neurodégénératives. En effet, aucune étude clinique chez l’humain n’a établi de corrélation entre cette habitude et un risque accru d’Alzheimer.
Une rumeur récurrente
Cette affirmation concernant un lien entre le curage nasal et la démence n’est pas nouvelle. Elle circule périodiquement sur internet, souvent présentée de manière sensationnaliste, mais elle est systématiquement contestée par la communauté scientifique.
Les experts insistent sur l’importance de distinguer les résultats préliminaires obtenus en laboratoire sur des modèles animaux des conclusions applicables à la santé humaine, qui nécessitent des études cliniques bien plus rigoureuses.



Un commentaire
Et si on se gratte le c*l ou les valseuses?