Passer toute la journée debout au travail, c’est peut-être héroïque pour certains… mais votre corps, lui, pourrait bien tirer la sonnette d’alarme ! Alternance, posture, équipements : découvrez pourquoi la position debout prolongée n’est pas la panacée et comment trouver le juste équilibre pour votre bien-être au bureau.
Le fléau de la sédentarité au travail : on ne bouge plus !
- Augmentation de la pression artérielle
- Encrassement des organes
- Prise de poids
- Troubles musculo-squelettiques (TMS)
- Risque accru de maladies cardiovasculaires (avec des vaisseaux sanguins moins efficaces pour oxygéner le corps)
La sédentarité, ce n’est pas juste un mot à placer en société pour briller. C’est surtout le fait de rester assis(e) – quasi immobile – de longues heures, comme beaucoup d’employés qui ne se lèvent que pour la pause déjeuner (oui, la file d’attente devant la machine à café ne compte pas toujours comme exercice physique…).
Résultat ? Nos dépenses énergétiques s’écroulent. Le déséquilibre entre les calories avalées et celles brûlées mène droit à la prise de poids, au surpoids, voire à l’obésité, et à un risque accru de diabète de type 2. Mais il n’y a pas que le tour de taille qui trinque : l’absence d’activité physique impacte aussi la santé mentale. Des études ont bien montré qu’une activité régulière réduit stress, anxiété et dépression. Cinq à sept heures derrière un bureau, c’est autant de bienfaits envolés…
Certaines professions n’ont pas vraiment le choix : juristes, chauffeurs, chargés de clientèle, employés de bureau, assistants ou encore professionnels de santé. Selon Philippe Zawieja, psychosociologue, « travailler assis(e) peut être une exigence inhérente à certaines professions. Cela comporte quelques avantages, qui ne compensent pas forcément les inconvénients… ».
Le bureau assis : confortable… mais pas sans risques !
La tentation est grande de s’en remettre à une chaise ergonomique et à un repose-pieds pour échapper à la fatigue. C’est vrai, une bonne posture limite douleurs et fatigue, surtout lorsqu’il s’agit de tâches demandant beaucoup de concentration. Mais (car il y a un mais), rester assis longtemps perpétue la sédentarité et tous ses désagréments : TMS, maladies cardiovasculaires, diabète, troubles circulatoires…
Même avec un matériel haut de gamme, gare aux douleurs de dos, de cou, d’épaules ou de jambes. Il suffit que la hauteur de la chaise diffère de quelques centimètres, et le corps en paie le prix. Le psychosociologue conseille donc : veillez à votre posture, prenez des pauses pour vous étirer, vous lever et libérer les tensions musculaires. Un peu d’exercice entre deux réunions ne fait jamais de mal !
Travailler debout : énergisant, mais à manier avec précaution
Vous pensez avoir trouvé la parade en travaillant debout ? C’est vrai, cette position offre :
- plus de liberté de mouvements
- une meilleure circulation sanguine
- des muscles plus sollicités (fessiers, lombaires, thoraciques…)
- une énergie et une concentration boostées (« La tension physique augmente notre vigilance », dixit Philippe Zawieja)
Mais la nature humaine a ses limites : après plusieurs heures debout, fatigue musculaire, jambes lourdes et douleurs dans le bas du dos peuvent s’installer. Eh oui, « au bout d’un moment, on déporte son poids sur une jambe », d’où tensions et contractures à la clé !
Les bons gestes ? Chaussures confortables, tapis anti-fatigue pour amortir la pression et, surtout, des pauses assises régulières pour détendre tout ça. Et n’oublions pas : travailler debout fait brûler à peine 0,15 calorie de plus par minute qu’assis (merci à l’étude citée), soit moins de 54 calories sur six heures : l’équivalent d’une orange ou cinq chips (pas franchement le ticket pour une silhouette de rêve…)
À retenir quand même : l’activité musculaire liée à la station debout contribue à réduire la fréquence des crises cardiaques, AVC et diabète, selon le Pr Lopez-Jiminez de la Mayo Clinic. Les bienfaits iraient même au-delà de la lutte contre l’obésité.
L’alternance, le vrai secret pour (enfin) faire la paix avec son corps
Entre chaise de bureau et position debout, pas de duel à mort : aucune des deux n’est parfaite… D’ailleurs, selon Philippe Zawieja, « les deux postures ont leurs avantages et leurs inconvénients, et souvent, on n’a pas le choix selon les tâches ». L’idéal ? Alterner ! On peut aussi essayer le siège haut ou le siège-ballon, qui active l’équilibre et offre une posture moins figée.
- Changez régulièrement de position : assis, debout, assis-haut…
- Réglez la hauteur de votre bureau pour que vos avant-bras soient à l’aise, les bras à 90°, les pieds à plat.
- N’hésitez pas à prendre congé de votre siège pour marcher, téléphoner, jeter un papier…
- Écoutez-vous : dès que la gêne pointe, variez les positions, étirez-vous. Votre poste de travail n’est pas une prison.
Petit conseil aux employeurs : ne vous contentez pas de bureaux assis-debout « pour faire bien », oubliez les gadgets de façade. Investissez aussi dans des chaises de qualité et autres accessoires ergonomiques pour vos équipes : leur santé en dépend.
En résumé : la recette miracle n’existe pas ! Pour préserver sa santé au travail, alternez les positions, équipez-vous correctement, et surtout… écoutez ce que votre corps a à vous dire. Ce n’est pas qu’une histoire de mobilier, mais de bon sens, et votre santé n’en sera que ravie !


