Et si la maladie d’Alzheimer trouvait en partie son origine dans notre bouche ? Une découverte scientifique récente bouleverse la compréhension traditionnelle de cette pathologie neurodégénérative. Loin de se limiter à une simple détérioration du cerveau, la maladie pourrait être déclenchée par une infection bactérienne.
Cette hypothèse ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques et souligne l’importance insoupçonnée de l’hygiène dentaire dans la prévention des maladies neurologiques.
Une bactérie dentaire détectée dans les cerveaux malades
Des chercheurs ont identifié la présence de Porphyromonas gingivalis dans le cerveau de personnes décédées de la maladie d’Alzheimer. Cette bactérie, habituellement responsable des maladies parodontales chroniques, serait capable de franchir la barrière hémato-encéphalique.
Cette étude collaborative réunit la start-up pharmaceutique Cortexyme, Inc (désormais Quince Therapeutics, Inc.), le département d’immunologie buccale et de maladies infectieuses de l’Université de Louisville, ainsi que le Centre de biotechnologie de l’université Jagiellonian à Krakovitz.
Les résultats de ces travaux ont été publiés dans la revue scientifique Science Advances, leur conférant une reconnaissance internationale dans le milieu de la recherche médicale.
Des expérimentations qui confirment le lien
Tests réalisés sur des rongeurs
Pour valider leur hypothèse, les scientifiques ont mené des expérimentations sur des rongeurs. L’infection par voie orale a confirmé que la bactérie pouvait effectivement coloniser le cerveau des animaux testés.
Plus inquiétant encore, cette colonisation s’accompagne d’une augmentation de la production de bêta-amyloïdes, ces protéines caractéristiques de la maladie d’Alzheimer qui s’accumulent dans le cerveau des patients.
Le rôle des enzymes gingipaïnes
Les chercheurs ont également identifié les enzymes gingipaïnes, produites par la bactérie. Ces enzymes sont directement liées aux protéines tau et ubiquitine, considérées comme des marqueurs de la dégénérescence cérébrale.
Cette découverte établit un lien biologique concret entre l’infection bactérienne et les mécanismes pathologiques observés chez les malades d’Alzheimer.
L’hygiène dentaire, un enjeu de santé cérébrale
Ces résultats soulignent l’importance cruciale du maintien d’une bonne hygiène bucco-dentaire. La prévention des maladies parodontales ne concerne plus uniquement la santé de nos dents et de nos gencives.
Les maladies parodontales peuvent engendrer divers troubles de santé, affectant notamment la santé cognitive et cardiovasculaire. Négliger sa santé bucco-dentaire pourrait donc avoir des répercussions bien plus graves qu’on ne l’imaginait.
Cette étude ouvre la voie à de nouvelles stratégies préventives et thérapeutiques. Elle suggère qu’un simple brossage régulier et des visites chez le dentiste pourraient contribuer à réduire le risque de développer la maladie d’Alzheimer.


