Longtemps perçue comme une alternative festive et moins nocive à la cigarette, la chicha révèle son véritable visage à travers une vaste étude scientifique. Les conclusions sont sans appel et bousculent les idées reçues sur cette pratique particulièrement prisée des jeunes.
Une étude majeure révèle des chiffres alarmants
Des chercheurs ont suivi pendant plus de dix ans le parcours de santé de 39 401 adultes vietnamiens. Les résultats de cette investigation, publiés en juillet 2024 dans la revue JAMA Oncology, mettent en lumière des risques considérables.
Chez les hommes qui fument exclusivement le narguilé, le risque de mourir d’un cancer du poumon est multiplié par 3,5 comparativement aux personnes qui ne fument pas. Un constat qui contredit l’image rassurante souvent associée à cette pratique.
D’autres cancers fortement concernés
Le cancer du poumon n’est pas le seul à inquiéter les scientifiques. L’étude révèle des risques accrus pour plusieurs autres pathologies cancéreuses chez les consommateurs réguliers.
Le cancer de l’estomac présente un coefficient de risque de 4,11, tandis que le cancer du foie atteint 3,92. Le cancer du nasopharynx affiche quant à lui un ratio de 2,79.
Globalement, les fumeurs exclusifs de chicha ont environ deux fois plus de risque de décéder d’un cancer par rapport aux non-fumeurs.
Une exposition aux substances toxiques démesurée
La durée d’une séance constitue un facteur aggravant majeur. Contrairement à une cigarette consommée en quelques minutes, une session de narguilé s’étend sur environ 40 minutes.
Durant ce laps de temps, les fumeurs inhalent 125 fois plus de fumée et 10 fois plus de monoxyde de carbone qu’avec une cigarette classique. La fumée est saturée en hydrocarbures polycycliques aromatiques, des composés hautement cancérigènes.
Une composition du tabac particulièrement nocive
Au Vietnam, le tabac utilisé dans les chichas présente une richesse en nicotine supérieure et se consomme pur, sans les arômes qui caractérisent souvent les préparations occidentales.
Les effets cardiovasculaires s’avèrent similaires à ceux de la cigarette, avec en prime un risque accru de diabète et de troubles lipidiques.
Les jeunes Français particulièrement exposés
En France, la chicha connaît un succès grandissant auprès des adolescents. En 2022, 33 % des jeunes de 17 ans avaient déjà expérimenté cette pratique.
Depuis 2006, la législation interdit son usage dans les lieux collectifs, sauf dans des fumoirs fermés spécialement aménagés. Une mesure qui peine toutefois à endiguer l’engouement.
Une image trompeuse qui persiste
L’aspect convivial et social associé à la chicha contribue à minimiser sa dangerosité dans l’esprit des consommateurs. Cette perception erronée contraste dramatiquement avec les données scientifiques désormais disponibles.
Les autorités sanitaires doivent désormais composer avec ce décalage entre image festive et réalité médicale, particulièrement auprès d’un public jeune et vulnérable.


