Une récente recherche menée auprès de plus de 10 000 adultes vient éclairer le lien entre certaines habitudes alimentaires et le développement de cancers gastro-intestinaux. Les régimes riches en protéines animales et pauvres en végétaux sont une fois de plus pointés du doigt par la communauté scientifique.
Une cohorte de plus de 10 000 personnes suivies pendant plusieurs années
Publiée en 2025 dans le European Journal of Clinical Nutrition, cette étude coréenne a suivi 10 741 adultes sur une période prolongée. Au terme de cette observation, 208 participants ont développé un cancer gastro-intestinal.
Les chercheurs ont analysé la charge acide alimentaire de chaque participant en utilisant des scores spécifiques. Le PRAL mesure la quantité d’acide que les reins doivent éliminer, tandis que le NEAP évalue la production acide interne de l’organisme.
Un risque multiplié par 1,7 pour les hommes
Les résultats révèlent une association préoccupante. Les hommes présentant une charge acide élevée dans leur alimentation affichent un risque de cancers digestifs 1,5 à 1,7 fois supérieur comparativement à ceux ayant une charge acide plus basse.
Cette augmentation du risque concerne notamment les personnes dont le régime alimentaire s’apparente au modèle occidental. Celui-ci se caractérise par une consommation importante de viandes rouges, de fromages et de produits sucrés.
Des données concordantes avec la recherche internationale
Ces conclusions ne sont pas isolées. Une méta-analyse réalisée en 2022 démontrait déjà une augmentation de 58 % du risque global de cancer chez les personnes suivant les régimes les plus acidogènes.
Le World Cancer Report 2020 confirme cette tendance en classant les viandes transformées comme cancérogènes pour l’humain. Les viandes rouges sont quant à elles considérées comme probablement cancérogènes, particulièrement pour le cancer colorectal.
Qu’est-ce qu’un régime acidogène exactement ?
Un régime acidogène se caractérise par une forte proportion de protéines animales et une faible présence de fruits et légumes. Ce déséquilibre alimentaire génère une charge acide importante que l’organisme doit neutraliser.
Les aliments principalement concernés incluent les viandes rouges, les charcuteries, les fromages et les produits ultra-transformés. À l’inverse, les fruits, les légumes et les céréales complètes contribuent à réduire cette charge acide.
Une association qui ne prouve pas la causalité directe
Les scientifiques restent prudents dans leur interprétation. Si l’association observée est significative, elle n’établit pas une relation de cause à effet directe entre régime acidogène et cancer digestif.
Néanmoins, ces données renforcent un signal déjà observé dans plusieurs études antérieures. Elles s’inscrivent dans un faisceau d’indices concordants concernant l’influence de l’alimentation sur le risque de cancer.
Les recommandations des experts en prévention
Le World Cancer Research Fund préconise de limiter la consommation de viande rouge et transformée dans le cadre de la prévention des cancers. Ces recommandations s’appuient sur un corpus scientifique solide et régulièrement actualisé.
Concrètement, il est conseillé de réduire les viandes rouges, les charcuteries et les produits ultra-transformés. Parallèlement, augmenter la part de fruits, légumes, céréales complètes et légumineuses permet de rééquilibrer l’apport alimentaire.
Le modèle méditerranéen comme alternative bénéfique
Un régime de type méditerranéen représente une excellente option pour diminuer la charge acide alimentaire. Ce mode d’alimentation privilégie les végétaux, les poissons, l’huile d’olive et limite les protéines animales terrestres.
Cette approche nutritionnelle pourrait contribuer à réduire le risque de cancers digestifs tout en apportant de nombreux autres bénéfices pour la santé cardiovasculaire et métabolique.
Attention aux régimes alcalins miracles
Les chercheurs mettent en garde contre la tentation de suivre un « régime alcalin » spécifique dans l’objectif de modifier le pH sanguin. L’organisme régule naturellement et de façon très stable son équilibre acido-basique.
L’enjeu n’est donc pas de chercher à alcaliniser le sang, ce qui est impossible par l’alimentation seule. Il s’agit plutôt d’adopter une alimentation équilibrée et diversifiée, riche en végétaux et modérée en protéines animales.


