Une pathologie hépatique jusque-là méconnue du grand public fait désormais parler d’elle. Longtemps asymptomatique, cette inflammation du foie liée au métabolisme concerne déjà des millions de personnes dans l’Hexagone. Entre évolution terminologique, nouveaux traitements et méthodes diagnostiques innovantes, le point sur cette maladie qui progresse en silence.
La MASH, nouvelle appellation d’une maladie hépatique en expansion
La MASH, ou Metabolic Associated Steatohepatitis, désigne la forme inflammatoire de la pathologie communément appelée « foie gras ». Elle portait jusqu’à récemment le nom de NASH, pour Stéato-Hépatite Non Alcoolique.
Ce changement de terminologie n’est pas anodin : il vise à souligner le rôle central du dysfonctionnement métabolique dans l’apparition de la maladie, plutôt que de se concentrer uniquement sur l’absence de consommation d’alcool comme facteur explicatif.
Des chiffres qui interpellent sur le territoire français
Les données épidémiologiques révèlent l’ampleur du phénomène. Pas moins de 1 million de Français souffrent actuellement de la MASH, tandis que 8 millions présentent une stéatose hépatique, autrement dit un foie trop gras.
Cette accumulation excessive de graisse dans l’organe constitue le terreau propice au développement ultérieur de l’inflammation caractéristique de la MASH.
Une évolution potentiellement grave vers la cirrhose
Le caractère insidieux de cette affection réside dans sa capacité à évoluer sans manifester de symptômes pendant de longues années. Pourtant, les conséquences peuvent s’avérer dramatiques.
Sans prise en charge appropriée, la MASH peut progresser vers des complications majeures telles que la cirrhose ou le cancer du foie, deux pathologies aux pronostics sombres.
Des méthodes diagnostiques moins invasives
La médecine a considérablement fait évoluer ses pratiques en matière de détection. La biopsie du foie, longtemps considérée comme l’examen de référence, est désormais abandonnée au profit de techniques non invasives.
Parmi ces nouvelles approches figurent les tests sanguins comme le score FIB-4, qui permettent d’évaluer l’état de santé hépatique. Le FibroScan et les techniques d’IRM métabolique complètent l’arsenal diagnostique moderne.
Quels signaux doivent alerter ?
Bien que souvent silencieuse, la MASH peut néanmoins se manifester par certains indicateurs. Une fatigue inexpliquée et persistante constitue un premier signal d’alerte, tout comme une sensation de pesanteur ou de gêne dans la partie supérieure droite de l’abdomen.
Aux stades plus avancés, d’autres symptômes peuvent apparaître : démangeaisons cutanées, jaunissement des yeux ou encore œdèmes localisés au niveau des chevilles.
Qui sont les personnes particulièrement exposées ?
Certains profils présentent une vulnérabilité accrue face à cette pathologie hépatique. Les individus atteints de diabète de type 2, d’hypertension ou en situation de surpoids figurent parmi les populations à risque.
Contrairement aux idées reçues, même une consommation d’alcool régulière mais modérée peut augmenter les risques de développer la maladie.
L’arsenal thérapeutique s’enrichit de nouvelles molécules
Si la perte de poids combinée à une activité physique régulière demeurent les piliers de la prise en charge, l’arrivée de nouveaux médicaments ouvre des perspectives encourageantes.
Le Resmetirom, commercialisé sous le nom de Rezdiffra®, agit spécifiquement sur la fibrose en réduisant les cicatrices du foie. De son côté, le Sémaglutide, connu sous l’appellation Wegovy®, cible l’inflammation chez les patients présentant un surpoids ou un diabète.


