Chaque année, environ 27 000 nouveaux cas de Parkinson sont diagnostiqués en France. Or, les signes de la maladie apparaissent souvent trop tard, lorsque les neurones sont déjà fortement endommagés. La recherche se tourne désormais vers des approches inédites, notamment l’étude des yeux, pour détecter la pathologie bien plus tôt.
Une maladie détectée trop tard
Le diagnostic de Parkinson survient généralement quand 60 à 80 % des neurones dopaminergiques ont déjà disparu. À ce stade, les traitements sont moins efficaces et ne permettent que de ralentir la progression. Pourtant, les chercheurs savent que le processus neurodégénératif commence 10 à 20 ans avant les premiers tremblements, une période durant laquelle une intervention précoce pourrait tout changer.
Les yeux comme miroir du cerveau
La rétine attire l’attention
des scientifiques. Elle constitue une extension directe du système
nerveux central et pourrait refléter les atteintes cérébrales.
« La rétine est une extension
directe du système nerveux central et, conséquemment, elle offre
une façon non invasive d’explorer le cerveau. Une réponse
inhabituelle de la rétine à des stimuli lumineux pourrait être
indicative d’une pathologie qui touche le cerveau », souligne
le professeur Martin
Lévesque.
Des études confirment déjà que la rétine des patients parkinsoniens réagit
différemment à certains stimuli lumineux, comparée à celle
des personnes en bonne santé.
Les mouvements oculaires passés au crible
La start-up Neuroclues développe actuellement un dispositif d’analyse des mouvements oculaires. Ces micro-mouvements, invisibles à l’œil nu, pourraient trahir une atteinte neurologique bien avant l’apparition des symptômes moteurs classiques. « L’analyse des mouvements oculaires fascine les scientifiques depuis plus d’un siècle, avec des dizaines de milliers d’articles analysant comment le système nerveux central contrôle les mouvements oculaires et comment une maladie neurologique affecte leur comportement normal », rappelle l’équipe scientifique.
Vers une combinaison de tests
Outre la piste visuelle, des tests sanguins de biomarqueurs sont également en développement. L’idée serait de combiner plusieurs approches pour améliorer la fiabilité du diagnostic et agir le plus tôt possible.
Un espoir pour des millions de patients
Même si Parkinson reste aujourd’hui incurable, la détection précoce pourrait permettre de limiter l’intensité des symptômes et de ralentir leur progression. Pour les millions de personnes concernées dans le monde, ces innovations représentent un pas important vers une meilleure qualité de vie, en attendant la découverte d’un traitement définitif.


