La recherche sur les maladies neurodégénératives franchit une étape majeure dans la détection précoce de Parkinson. Grâce à une technique innovante d’analyse du sébum, des chercheurs britanniques ouvrent la voie à un diagnostic révolutionnaire par simple écouvillonnage de la peau, bien avant l’apparition des premiers signes cliniques.
Une avancée prometteuse contre la deuxième maladie neurodégénérative
Avec près de 175 000 personnes touchées en France en 2020, la maladie de Parkinson représente la deuxième pathologie neurodégénérative la plus répandue après Alzheimer. Touchant davantage les hommes (1,5 fois plus que les femmes), elle se manifeste généralement autour de 75 ans, âge moyen du début des traitements.
Cette maladie, encore incurable, pourrait bientôt être détectée beaucoup plus tôt grâce aux découvertes publiées dans la revue scientifique Npj Parkinson’s Disease. Les chercheurs y décrivent une méthode non-invasive qui identifierait la maladie jusqu’à sept ans avant les premiers symptômes visibles.
Une technologie sophistiquée pour analyser le sébum
La méthode repose sur une technique appelée désorption thermique-chromatographie en phase gazeuse et spectrométrie de masse (TD-GC-MS). Cette approche complexe permet d’analyser finement la composition chimique du sébum, substance naturellement produite par la peau.
Des marqueurs chimiques révélateurs
L’étude a comparé des échantillons cutanés provenant de trois
groupes distincts :
– Des patients diagnostiqués avec Parkinson
– Des volontaires sains
– Des personnes souffrant du trouble du comportement en sommeil
paradoxal isolé (iRBD)
Ce dernier groupe est particulièrement intéressant car l’iRBD constitue souvent un signe précurseur de la maladie de Parkinson. Les résultats ont révélé que ces personnes présentaient déjà des profils chimiques distincts dans leur sébum, bien avant l’apparition des symptômes moteurs caractéristiques.
Une surveillance de la progression sur plusieurs années
Le Dr Drupad Trivedi de l’Université de Manchester a mené un travail de longue haleine, collectant des échantillons sur une période de trois ans. Cette démarche a permis d’identifier des modèles d’évolution qui pourraient servir à cartographier la progression de la maladie de manière précise.
« Notre objectif est de développer un test fiable et non invasif qui aide les médecins à détecter la maladie de Parkinson plus tôt, à suivre sa progression et, en fin de compte, à améliorer les résultats pour les patients », explique le Dr Trivedi.
Une odeur caractéristique détectable
Cette approche scientifique rejoint d’autres observations fascinantes. Une étude antérieure avait déjà démontré que l’odeur cutanée des personnes atteintes de Parkinson était détectable par des chiens, avec une précision remarquable atteignant 90% à 98%.
Le professeur Perdita Barran, également de l’Université de Manchester, souligne l’importance de cette avancée : « Il s’agit de la première étude à démontrer une méthode de diagnostic moléculaire de la maladie de Parkinson à un stade prodromique ou précoce. Cela nous rapproche d’un avenir où un simple écouvillonnage cutané non invasif pourrait aider à identifier les personnes à risque avant l’apparition des symptômes, ce qui permettrait une intervention plus précoce et de meilleurs résultats ».
Vers un diagnostic précoce accessible
Cette découverte pourrait transformer l’approche thérapeutique de Parkinson. En permettant un diagnostic jusqu’à sept ans avant les premiers symptômes visibles, elle ouvrirait la voie à des interventions médicales précoces, potentiellement capables de ralentir l’évolution de la maladie.
Si cette méthode s’avère fiable à grande échelle, elle pourrait devenir un outil de dépistage simple et accessible, particulièrement pour les populations à risque ou présentant des signes avant-coureurs comme les troubles du sommeil paradoxal.


