Avez-vous remarqué que certaines odeurs du quotidien vous semblent moins intenses qu’avant ? Selon des chercheurs britanniques, une altération durable de l’odorat n’est pas anodine. Des travaux de l’Université d’East Anglia montrent que les troubles de l’odorat sont impliqués dans plus d’une centaine de maladies, qu’elles soient neurologiques, physiques ou génétiques.
Un trouble de l’odorat pourrait être un signe précoce de maladie
L’odeur de votre café vous paraît plus fade qu’avant ? Le parfum de votre conjoint se fait moins perceptible ? Ces changements passent souvent inaperçus, surtout depuis que l’anosmie n’est plus au centre de l’actualité sanitaire. Pourtant, les scientifiques tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme.
Selon une vaste analyse menée par l’Université d’East Anglia et publiée dans Clinical Otolaryngology, les troubles de l’odorat sont présents dans au moins 139 maladies différentes. Les chercheurs estiment que ce sens, longtemps négligé, pourrait contribuer à des situations de fragilité, de malnutrition ou d’isolement, avec un impact significatif sur votre santé à long terme.
Un symptôme trop souvent négligé
Le professeur Carl Philpott, ORL à l’Université d’East Anglia, insiste sur le rôle vital de l’odorat pour la santé physique, mentale et sociale. « Un odorat défaillant n’est pas un simple désagrément mais un véritable signal d’alerte. » précise-t-il.
En effet, l’odorat permet de savourer les aliments, de détecter des dangers comme le gaz ou la fumée, et de maintenir des liens sociaux grâce aux odeurs. Une diminution de ce sens est appelée hyposmie, tandis que sa disparition totale se nomme anosmie.
Longtemps ignoré, l’odorat peut parfois se détériorer très tôt dans certaines maladies et constituer un signe précoce de troubles futurs.
Perte d’odorat : quand consulter ?
Des études scientifiques établissent un lien entre un odorat déficient et un risque accru de maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson. Ce trouble peut apparaître bien avant les premiers symptômes neurologiques et constitue un facteur de risque indépendant de fragilité et de diminution de l’espérance de vie.
D’autres études menées chez des personnes âgées aux États-Unis ont également relié un mauvais odorat à un risque accru de dépression, de maladies cardiovasculaires et de mortalité précoce.
Un rhume ou une grippe peut temporairement altérer l’odorat, mais lorsque la perte dure plusieurs semaines, sans nez bouché, et s’accompagne d’une perte d’appétit ou de troubles de l’humeur, il devient important de consulter votre médecin pour en identifier la cause.


