Une nouvelle étude révèle des disparités importantes dans le plaisir ressenti lors des pratiques de sexe oral en France. Alors que ces pratiques sont largement répandues, les données montrent que l’équilibre du plaisir reste difficile à atteindre, particulièrement pour les femmes.
L’IFOP a mené pour JOYclub une enquête auprès de 2 210 Français âgés de 18 ans et plus, publiée lors de la Journée mondiale du 69, le 9 juin. Les résultats mettent en lumière des inégalités marquées dans l’expérience du plaisir sexuel partagé.
Des pratiques très répandues mais inégales
Le sexe oral fait partie intégrante de la vie intime des Français. 83% des personnes interrogées déclarent avoir déjà reçu du sexe oral, tandis que 82% affirment en avoir déjà pratiqué. Ces chiffres témoignent d’une normalisation de ces pratiques dans l’intimité.
Concernant la fréquence, 45% des participants indiquent pratiquer souvent le sexe oral sur leur partenaire. De leur côté, 42% disent en recevoir régulièrement. Mais ces moyennes cachent des différences significatives entre les genres.
Un déséquilibre marqué dans la réciprocité
L’enquête révèle que 54% des hommes pratiquent souvent le cunnilingus, alors que seulement 38% des femmes s’adonnent fréquemment à la fellation. Cette différence de 16 points souligne une asymétrie dans les comportements sexuels.
Cette disparité se reflète également dans le vécu des rapports. La proportion de personnes déclarant s’ennuyer pendant un rapport sexuel atteint 56% chez les femmes, contre 42% chez les hommes, soit un écart de 14 points.
La position 69 : symbole d’une réciprocité illusoire
La position 69, théoriquement symbole d’égalité et de simultanéité, ne parvient pas à gommer les différences. Les résultats sont édifiants : 76% des hommes atteignent l’orgasme dans cette position, contre seulement 54% des femmes.
Cet écart de 22 points illustre la difficulté à créer une véritable réciprocité du plaisir, même dans une configuration censée l’incarner parfaitement. Eva JOY, Community Manager de JOYclub, souligne que cette position, « censée symboliser la réciprocité, ne parvient pas à combler l’écart de plaisir entre les sexes ».
L’âge, facteur d’amélioration du plaisir féminin
L’étude apporte néanmoins une note d’optimisme. Le taux d’orgasme féminin en position 69 évolue considérablement avec l’âge. Il passe de 41% avant 35 ans à 66% après 65 ans.
Cette progression de 25 points suggère que l’expérience, la connaissance de son corps et peut-être une meilleure communication avec le partenaire jouent un rôle déterminant dans l’épanouissement sexuel féminin au fil des années.
Une étude plus complète attendue en 2026
Ces données ne constituent qu’un avant-goût. La publication complète de l’étude est prévue pour l’été 2026. Elle abordera plus largement la satisfaction sexuelle, les pratiques courantes, les relations ouvertes, la sexualité numérique ainsi que les expériences BDSM.
Cette recherche devrait permettre de mieux comprendre les dynamiques du plaisir dans la sexualité contemporaine et d’identifier les leviers pour réduire les inégalités constatées entre hommes et femmes.


