La bronchiolite refait surface avec l’arrivée du froid. Longtemps perçue comme une maladie infantile, elle touche désormais aussi les personnes âgées. Les autorités sanitaires alertent : le virus respiratoire syncytial (VRS) circule déjà activement en Île-de-France et en Normandie, plaçant ces régions en phase de pré-épidémie.
Un virus saisonnier qui ne touche plus seulement les nourrissons
Chaque hiver, la bronchiolite provoque des milliers de passages aux urgences pédiatriques. Si la situation reste plus calme qu’en 2022 ou 2023, le virus continue de se propager. En cause, le VRS, responsable d’inflammations des bronchioles, qui touche près d’un tiers des enfants de moins de deux ans en France.
Chez les bébés, la maladie débute souvent par un simple rhume avant d’évoluer vers une toux sifflante ou des difficultés respiratoires. Environ 2 à 3 % des nourrissons de moins d’un an sont hospitalisés chaque saison.
Mais les enfants ne sont plus les seuls concernés. Le VRS frappe désormais les plus âgés, chez qui il provoque toux, fièvre et essoufflement. Ces symptômes, souvent confondus avec une grippe, peuvent conduire à des complications graves. Selon le ministère de la Santé, 61 % des hospitalisations et 78 % des décès liés au VRS concernent les plus de 75 ans.
Une transmission familiale qui inquiète les autorités
Le virus circule aisément entre générations : un petit-enfant enrhumé peut contaminer un grand-parent fragile. Dans les maisons de retraite, les écoles ou les foyers, le VRS se propage silencieusement. Les experts rappellent que l’air ambiant, les jouets, les poignées de porte ou les baisers favorisent la contamination.
Des avancées majeures dans la prévention
Depuis 2023, la France dispose de deux solutions efficaces :
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Le Beyfortus (nirsevimab), un anticorps monoclonal administré en une injection unique, protège les nourrissons pendant cinq mois. Il a permis de réduire de 80 % les hospitalisations pour bronchiolite sévère.
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Le vaccin Abrysvo (Pfizer), injecté chez la femme enceinte, protège le nouveau-né dès la naissance. Il réduit de 81,8 % les formes graves durant les trois premiers mois de vie.
Ces innovations s’ajoutent à la vaccination recommandée depuis 2024 pour les plus de 75 ans et les personnes à risque de 65 à 74 ans, grâce aux vaccins Arexvy (GSK) et Abrysvo.
Prévention : les gestes simples toujours efficaces
La vaccination ne suffit pas. Les gestes barrières restent essentiels :
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Se laver les mains avant de toucher un bébé ;
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Aérer les pièces quotidiennement ;
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Porter un masque en cas de rhume ;
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Éviter les embrassades si l’on présente des symptômes.
Pour les aînés, les mêmes réflexes s’imposent : bien se couvrir, éviter les foules en période virale et consulter dès les premiers signes.
La bronchiolite n’est plus une affaire de crèche : c’est désormais un enjeu de santé intergénérationnel, où prudence et prévention restent les meilleures armes.


