Un antidépresseur largement prescrit fait actuellement face à une pénurie temporaire qui inquiète patients et professionnels de santé. Utilisée dans le traitement de plusieurs troubles psychiatriques, cette molécule connaît des difficultés d’approvisionnement qui devraient perdurer encore quelques semaines. Le médicament concerné est la fluoxétine, notamment commercialisée sous le nom de Prozac.
Des tensions d’approvisionnement officiellement reconnues
L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé a confirmé l’existence de problèmes de production touchant les médicaments contenant de la fluoxétine. Ces complications industrielles entraînent des difficultés pour obtenir ce traitement en officine.
La régularisation de la situation n’est pas attendue avant la mi-octobre, date à laquelle les pharmacies devraient retrouver un approvisionnement normal. D’ici là, les patients risquent de rencontrer des obstacles pour renouveler leur prescription.
Un dispositif d’urgence mis en place
Face à cette crise d’approvisionnement, l’autorité sanitaire a pris des mesures exceptionnelles pour limiter la pénurie. Les laboratoires pharmaceutiques ont reçu l’ordre de maximiser leur production en mobilisant l’intégralité de leurs réserves.
Des restrictions depuis septembre
Depuis le début du mois de septembre, un système de contingentement a été instauré pour réguler la distribution. Parallèlement, l’interdiction d’exporter ces médicaments vers l’étranger vise à préserver les stocks nationaux pour les patients français.
Une molécule indispensable pour de nombreux patients
La fluoxétine représente un traitement de référence pour plusieurs pathologies psychiatriques. Elle est prescrite dans la prise en charge des épisodes dépressifs majeurs, des troubles obsessionnels compulsifs ainsi que de la boulimie.
Un médicament unique pour les jeunes patients
Cette molécule revêt une importance particulière dans le domaine de la pédopsychiatrie. Elle constitue le seul antidépresseur autorisé pour traiter certains épisodes dépressifs chez les enfants dès l’âge de huit ans.
C’est précisément cette spécificité qui a conduit l’ANSM à établir une hiérarchie dans les priorités. La continuité thérapeutique pour les enfants à partir de huit ans et les adolescents déjà sous traitement doit être garantie en premier lieu.
Une problématique récurrente dans le secteur psychiatrique
Cette situation n’est pas un cas isolé dans le domaine des médicaments psychiatriques. Au cours de l’année 2025, d’autres traitements essentiels ont connu des ruptures d’approvisionnement similaires.
La quétiapine, un antipsychotique largement utilisé, ainsi que les sels de lithium, référence dans le traitement des troubles bipolaires, ont également subi des perturbations dans leur distribution.
Des causes structurelles identifiées
Ces difficultés répétées s’expliquent par des facteurs systémiques qui fragilisent la chaîne d’approvisionnement. La délocalisation de la fabrication des principes actifs pharmaceutiques hors d’Europe constitue un premier élément d’explication.
Le mécanisme de fixation des prix est également pointé du doigt. L’industrie pharmaceutique estime que la rémunération proposée ne permet pas toujours de maintenir une production rentable sur le territoire français, encourageant ainsi les délocalisations.


