Alors que l’attention
sanitaire mondiale reste tournée vers les virus émergents,
une menace apparaît
discrètement sur le territoire français. Depuis le début
de l’année, les signaux d’alerte se multiplient, les hôpitaux
enregistrent des cas, les complications augmentent, et
un premier décès est
survenu.
Ce n’est ni la grippe, ni le COVID-19… mais la rougeole, une maladie que l’on
croyait maîtrisée depuis des années.
Une flambée inquiétante en 2025
Entre le 1er janvier
et la mi-avril 2025, 427
cas de rougeole ont été confirmés en France. Un chiffre
déjà proche du total annuel de 2024, qui s’élevait à
483.
Plus de 140
patients ont dû être hospitalisés ou vus aux urgences, et
environ 60 ont
présenté des complications parfois graves. Un fait marquant : un
adulte immunodéprimé est
décédé, alors qu’aucun décès n’avait été enregistré
l’année précédente.
Des tranches d’âge particulièrement exposées
Les enfants de moins de 4 ans et les adultes de plus de 40 ans représentent la majorité des cas. Cette vulnérabilité soulève des questions sur la persistance de l’immunité dans le temps, mais aussi sur l’efficacité de la couverture vaccinale actuelle dans ces groupes d’âge.
Une couverture vaccinale insuffisante
Les autorités
sanitaires rappellent une règle essentielle : « La vaccination par le vaccin ROR est le meilleur
moyen de se protéger du virus ».
Les données sont claires : parmi les personnes infectées, la
majorité n’étaient « pas
ou incomplètement vaccinées ».
En 2022, 93 % des enfants de 2 ans avaient reçu les deux doses de vaccin. Mais selon les experts, un seuil de 95 % est nécessaire pour empêcher la propagation du virus dans la population.
Une obligation qui date de 2018
Depuis 2018, la vaccination contre la rougeole est obligatoire pour tous les enfants dès l’âge d’un an. Cette mesure visait à anticiper les risques d’épidémie et à protéger les plus fragiles, notamment les nourrissons et les personnes immunodéprimées.
Une hausse continue depuis 2023
Le rebond actuel n’est pas isolé. En 2023, 117 cas avaient été recensés. En 2024, ce chiffre a quadruplé. Toutefois, les autorités relativisent en rappelant que le niveau reste « limité par rapport à la moyenne des années antérieures à la pandémie de COVID-19 », période durant laquelle plus de 2 000 cas annuels étaient enregistrés entre 2017 et 2019.
Un phénomène mondial sous haute surveillance
À l’échelle
internationale, l’OMS et l’Unicef parlent d’un « retour particulièrement dangereux » de
la rougeole.
Sur les 12 derniers mois, 138 pays ont signalé des cas, dont
61 ont subi des épidémies
importantes ou perturbatrices, un niveau jamais atteint
depuis 2019.


