Une étude menée par l’Université d’East Anglia, publiée dans Public Health Lancet, met en évidence un ralentissement notable de l’augmentation de l’espérance de vie en Europe à partir de 2011. Alors qu’entre 1990 et 2011, l’espérance de vie progressait en moyenne de 0,23 an par an, cette croissance est tombée à 0,15 an entre 2011 et 2019.
Parmi les 20 pays étudiés, seule la Norvège a échappé à cette tendance baissière. L’étude souligne que les progrès réalisés dans la lutte contre les maladies cardiovasculaires et certains cancers avaient largement contribué à l’augmentation de la longévité jusqu’en 2011. Mais, depuis, l’évolution a fortement ralenti, notamment en raison d’une détérioration des habitudes de vie.
🍔 Malbouffe, inactivité : des facteurs aggravants
Selon le professeur Nicholas Steel, responsable de l’étude, l’augmentation des maladies cardiovasculaires, directement liée à une alimentation déséquilibrée et au manque d’activité physique, est le principal responsable du ralentissement de l’espérance de vie.
👉 « Nous avons constaté que les décès dus aux maladies cardiovasculaires étaient le principal facteur de la réduction de l’espérance de vie entre 2011 et 2019. Sans surprise, la pandémie de Covid-19 a été responsable de la diminution de l’espérance de vie observée entre 2019 et 2021 », précise le chercheur.
Pour enrayer ce déclin, l’étude recommande une collaboration renforcée avec l’industrie agroalimentaire afin d’améliorer la qualité des aliments proposés aux consommateurs et d’encourager la population à adopter un mode de vie plus actif.
🌍 Les pays qui résistent mieux
Certains pays européens ont réussi à préserver une croissance plus stable de l’espérance de vie. La Norvège, l’Islande, la Suède, le Danemark et la Belgique ont ainsi mieux résisté à cette tendance grâce à des politiques de prévention plus rigoureuses et des mesures de santé publique visant à réduire les facteurs de risque liés aux maladies cardiovasculaires.
🇬🇧 Le Royaume-Uni, mauvais élève de l’Europe
Le Royaume-Uni est particulièrement touché par cette stagnation de l’espérance de vie. L’étude révèle qu’entre 1990 et 2011, l’amélioration annuelle de l’espérance de vie en Angleterre était de 0,25 an, mais elle a chuté à seulement 0,07 an entre 2011 et 2019.
Ce déclin s’explique en grande partie par une alimentation trop riche en produits transformés, une inactivité physique croissante et un taux d’obésité élevé. L’Irlande du Nord, le Pays de Galles et l’Écosse suivent la même trajectoire, avec des baisses similaires dans l’augmentation de l’espérance de vie.
🏥 La prévention : un levier clé pour inverser la tendance
Face à cette situation préoccupante, les experts insistent sur l’importance d’une politique de prévention plus agressive.
👉 « Cependant, il faut agir davantage dans la société, car nous ne pouvons pas sortir de la crise de l’obésité par des traitements, et nous devons l’endiguer à la source », affirme Sarah Price, directrice de la santé publique du NHS England.
Des initiatives telles que le programme de gestion du poids numérique du NHS ont déjà aidé de nombreuses personnes à perdre du poids, mais l’étude insiste sur la nécessité d’un changement structurel plus large pour freiner la progression des maladies chroniques.
🧬 Un potentiel d’amélioration encore possible
Contrairement à certaines idées reçues, l’étude souligne que la longévité humaine n’a pas atteint un plafond biologique. L’espérance de vie continue d’augmenter chez les personnes âgées, ce qui démontre que des progrès restent possibles.
👉 « Dans de nombreux pays, l’espérance de vie des personnes âgées continue de s’améliorer, ce qui montre que nous n’avons pas encore atteint le plafond naturel de longévité. L’espérance de vie reflète principalement la mortalité à un âge plus jeune, où nous disposons d’une grande marge de manœuvre pour réduire les risques et prévenir les décès prématurés », conclut Nicholas Steel.
📌 Conclusion
Le ralentissement de l’augmentation de l’espérance de vie en Europe est un signal d’alarme. L’alimentation industrielle, l’inactivité et l’obésité sont des facteurs clés de cette stagnation. Des politiques de santé publique efficaces, combinées à une prise de conscience individuelle, sont essentielles pour inverser la tendance et permettre aux générations futures de vivre plus longtemps et en meilleure santé. 🏃♂️🥗💙