Les somnifères sont couramment utilisés en France, notamment chez les personnes souffrant d’insomnie ou d’anxiété. Cependant une récente étude américaine alerte sur les risques liés à leur usage régulier, qui pourrait être associé à une diminution de l’espérance de vie. Les explications des chercheurs.
Les somnifères nuisent à l’espérance de vie après 50 ans
Prendre un somnifère pour retrouver le sommeil est devenu un réflexe courant, surtout après 50 ans. Pourtant, deux récentes études viennent bouleverser cette habitude bien ancrée.
Un article publié dans The Lancet Regional Health le 24 octobre 2025 montre qu’un arrêt progressif des benzodiazépines chez les plus de 50 ans pourrait allonger l’espérance de vie et améliorer la qualité du quotidien. Les chercheurs y ont observé une baisse notable de 8,5 % du nombre de chutes et de 2 % des troubles cognitifs, deux indicateurs étroitement liés à la démence et à la perte d’autonomie.
Mais ce n’est pas tout ! Des travaux menés par l’Université Concordia de Montréal, parus dans la revue Sleep en septembre 2025, révèlent que ces médicaments altèrent la qualité du sommeil. Les personnes prenant des benzodiazépines dormaient moins longtemps, avec un sommeil plus léger et moins réparateur. Autrement dit, les somnifères pourraient, à long terme, nuire à votre cerveau plus qu’ils ne le soulagent.
En France, l’utilisation des somnifères reste élevée
En juillet 2025, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a de nouveau alerté sur la surconsommation des benzodiazépines en France.
Plus de 9 millions de personnes en prendraient régulièrement. Selon un sondage mené auprès d’environ 2 000 Français, près de la moitié (44 %) déclarent avoir déjà eu recours à un médicament pour favoriser le sommeil ou apaiser l’anxiété.
L’ANSM rappelle que ces traitements doivent rester de courte durée, idéalement ne pas dépasser quatre semaines consécutives, afin de limiter le risque de dépendance. Les personnes âgées de plus de 65 ans demeurent les plus concernées. Elles sont plus exposées aux chutes, aux troubles cognitifs et à la perte d’autonomie.


