Zoom sur deux coupables discrets de notre assiette : le pain blanc et l’alcool. Selon des chercheurs, ces deux aliments favoriseraient le cancer colorectal. Alors, prêts à regarder votre panier avec un œil neuf ?
Le cancer colorectal : une réalité qui pèse en France
Le cancer colorectal, également appelé cancer du côlon-rectum, n’est pas un inconnu dans l’Hexagone. En 2018, 43 336 nouvelles personnes ont appris qu’elles en étaient atteintes. Cette maladie se développe à partir des cellules qui tapissent la paroi interne du côlon ou du rectum, comme le précise Santé Publique France. Il s’agit ni plus ni moins que du deuxième cancer le plus meurtrier chez les hommes et du troisième chez les femmes. Autant dire que la prévention n’est pas une simple option, mais une réelle nécessité de santé publique.
Pain blanc et alcool dans le viseur : révélations d’une étude chinoise
Des chercheurs de l’université du Zhejiang, en Chine, se sont penchés sur la question : certains aliments jouent-ils un rôle dans les risques de développer ce fameux cancer colorectal ? Verdict sans appel de leur part : la consommation de pain blanc et d’alcool serait associée à une augmentation du risque de cancers du côlon. Alors certes, le pain blanc a des adeptes (comment résister à une baguette toute chaude ?) et l’apéritif s’invite dans nombre de moments conviviaux, mais ces deux plaisirs pourraient bien cacher un revers inquiétant.
Du concret dans cette étude publiée dans la revue Nutrients. Les experts se sont basés sur les données de 118 210 personnes issues de la UK Biobank. Pour recueillir les habitudes alimentaires de ce large panel, un questionnaire en ligne a été utilisé, répertoriant 139 aliments et nutriments consommés. Ensuite, douze années d’observation patiente ont permis d’analyser l’apparition du cancer colorectal parmi les volontaires.
Le résultat ? En douze ans, 1 466 cas de cancer colorectal ont été documentés, dont 842 cancers du côlon et 359 cancers rectaux. Les deux « gagnants » du risque accru dans cette étude : l’alcool et le pain blanc. Point d’équilibre, les apports en calcium, magnésium, phosphore, manganèse et fibres tendent, eux, à réduire ce risque. Comme quoi, le contenu de notre assiette n’est jamais anodin.
Facteurs aggravants et leviers pour une vie plus saine
D’après l’Institut national du Cancer (Inca), le risque de développer un cancer du côlon augmente avec l’âge : 9 personnes touchées sur 10 ont plus de 50 ans. Les antécédents familiaux de cancer du côlon sont également un facteur de risque reconnu. Et pour enfoncer le clou : nos habitudes de vie ne sont pas à prendre à la légère ! Une alimentation trop riche (notamment en graisses animales), une consommation élevée de viandes rouges, la sédentarité, le surpoids, l’alcool et le tabac s’invitent tous dans la liste des facteurs à surveiller.
Heureusement, il n’est jamais trop tard pour agir ! L’Assurance Maladie recommande par exemple de ne pas dépasser 500 grammes de viande rouge par semaine (en gros, trois à quatre steaks). Et le choix des morceaux a son importance : privilégiez le poulet sans peau, les filets maigres de veau, de porc ou de bœuf, voire le steak haché à 5 % de matières grasses. Attention aux préparations panées ou frites, qui n’aident pas votre cause !
Miser sur les fibres : la parade gourmande contre le risque
A l’inverse, favoriser une alimentation saine et variée, riche en fibres, s’impose comme un véritable bouclier protecteur. Au menu idéal :
- Légumineuses
- Fruits
- Légumes
- Pain complet
- Pâtes complètes
- Riz complet
Le docteur Denis Smith, gastro-entérologue, souligne dans les colonnes de Femme Actuelle que ces aliments, pourtant encore trop peu présents dans nos menus, répondent parfaitement à la recommandation de 25 grammes de fibres par jour. Et leur bonus santé ? Ils réduisent la sécrétion d’insuline, un facteur de risque supplémentaire pour le cancer colorectal.
Conclusion : réagissez dès maintenant, votre santé vous dira merci !
En résumé, avant de succomber systématiquement au pain blanc et de trinquer sans modération, il vaut peut-être mieux opter pour de nouveaux réflexes alimentaires et un mode de vie moins sédentaire. Variez vos plaisirs, faites la part belle aux fibres et limitez la viande rouge pour placer toutes les chances de votre côté. Votre côlon (et votre médecin) vous en remercieront… avec un sourire en prime !


