Une récente étude de grande ampleur vient jeter un nouvel éclairage inquiétant sur l’un des anti-inflammatoires les plus prescrits dans le monde. Le diclofénac, commercialisé notamment sous le nom de Voltarène, présente des risques cardiovasculaires significativement plus élevés que d’autres médicaments de la même famille. Ces conclusions rappellent le scandale du Vioxx qui avait secoué le monde pharmaceutique en 2004.
Un risque cardiovasculaire nettement supérieur aux alternatives
L’étude danoise, publiée dans la prestigieuse revue BMJ, a analysé les données médicales de plus de 6,3 millions d’adultes sur une période de vingt ans (1996-2016). Parmi eux, 1,3 million de patients étaient sous traitement au diclofénac.
Les résultats sont sans appel : le risque d’incident cardiovasculaire augmente de 50% chez les personnes prenant du diclofénac par rapport à celles ne suivant aucun traitement. Ce chiffre est d’autant plus alarmant lorsqu’on le compare aux autres anti-inflammatoires courants.
En effet, par rapport au paracétamol ou à l’ibuprofène, le risque est supérieur de 20%, et de 30% comparé au naproxène. Ces différences significatives soulèvent de sérieuses questions sur la balance bénéfice-risque de ce médicament.
Des complications digestives également préoccupantes
Les problèmes cardiaques ne sont pas les seuls effets secondaires préoccupants identifiés par l’étude. Les chercheurs ont également constaté une augmentation notable des risques d’hémorragie gastro-intestinale chez les patients sous diclofénac, comparativement à ceux prenant de l’ibuprofène ou du paracétamol.
Des chercheurs appellent à des mesures strictes
Face à ces résultats, les scientifiques à l’origine de cette vaste étude n’hésitent pas à formuler des recommandations fermes. Selon eux, « Il est peu justifié d’initier un traitement par diclofénac avant d’autres AINS traditionnels ».
Plus radicalement encore, ils estiment que le diclofénac ne devrait plus être disponible sans ordonnance et qu’un avertissement clair concernant les risques cardiovasculaires devrait figurer sur tous les emballages.
Un médicament largement prescrit malgré les alertes
Le diclofénac, connu en France sous le nom commercial de Voltarène, fait partie des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) les plus utilisés dans le monde pour traiter la douleur et l’inflammation.
Cette étude n’est pas la première à pointer du doigt les risques associés à ce médicament, mais son ampleur et sa méthodologie rigoureuse lui confèrent une crédibilité particulière qui pourrait conduire à une réévaluation de sa prescription et de ses conditions d’accès.
Les patients actuellement sous traitement au diclofénac sont encouragés à consulter leur médecin pour discuter de ces risques et des alternatives potentielles, sans toutefois interrompre leur traitement sans avis médical.



Un commentaire
moi je le prends.
quoi faire ?
par quoi le remplacer